Après dix années d’attente et un procès intenté à leur ancien employeur, 90 bénéficiaires du VRS 2 ont obtenu leur titre de propriété hier. Ces derniers n’étaient pas d’accord avec les terrains qui leur avaient été alloués. D’où leurs démarches légales. Finalement, une solution a pu être dégagée. Le ministre de l’Agro-industrie, Mahen Seeruttun, a exprimé ses regrets pour ce long retard, surtout qu’il y a des bénéficiaires qui sont décédés entre-temps. Il a fustigé l’ancien gouvernement pour cela.

« Soulagé », c’est le sentiment exprimé par les anciens employés de Bel-Air Saint-Félix, qui ont longtemps attendu ce moment. Après de nombreuses années passées à travailler sur la propriété sucrière de Bel-Air Saint-Félix, ils deviennent enfin propriétaires d’un terrain sous le VRS 2. « Ce n’était pas facile car nous avons longtemps attendu ce moment. Aujourd’hui, nous sommes soulagés », disent ces bénéficiaires qui ont une pensée spéciale pour leurs camarades qui ne sont plus là.

S’exprimant sur ce retard, le ministre de l’Agro-industrie, Mahen Seeruttun, a d’abord rappelé que ces bénéficiaires ont obtenu leur VRS en 2007. Il a fustigé l’ancien gouvernement de n’avoir rien fait pour débloquer la situation. « C’est trop facile de faire croire que c’est ce gouvernement qui est responsable du retard. Le VRS date de 2007. Quand nous sommes arrivés en 2014, il y avait des procédures à suivre, surtout qu’il y avait une affaire en cour. Tout était bloqué à cause de cela. Nous avons même mis sur pied un comité ministériel pour trouver une solution. C’est ainsi que nous avons pu trouver un accord “out of court”. Mais là encore, il y avait des procédures à suivre. »

En outre, a révélé Mahen Seeruttun, une partie du terrain du VRS de Bel-Air Saint-Félix avait été acheté par l’ancien gouvernement pour faire une aire de stationnement pour une piscine qui devait être construite à Rivière-des-Anguilles. « Le District Council également a fait pas mal de difficultés. Ensuite, c’est le “morcellement board” qui voulait revoir les plans… Il a fallu du temps pour trouver des solutions à tous ces niveaux. »

Ce cas à Bel-Air Saint-Félix n’est pas isolé, a ajouté Mahen Seeruttun. Car trois autres sites de VRS pour d’autres établissements sucriers, notamment à Médine, présentent des problèmes. Les procédures sont toujours en cours pour trouver des solutions, dit-il. Environ 400 personnes sont concernées. « À Médine, on a découvert qu’il y avait des caves sur une partie du terrain. Nous avons demandé d’allouer de nouveaux lots aux bénéficiaires concernés. »

Répondant à une question du Mauricien sur la responsabilité des propriétés sucrières dans l’octroi de ces terrains, Mahen Seeruttun a répondu que dans certains cas, comme à Médine, la propriété n’était pas au courant qu’il y avait des caves. « C’est quand on a fait les travaux qu’on a découvert le problème. » À Bel-Air Saint-Félix, les bénéficiaires dénonçaient le fait que certains terrains avaient été comblés et que d’autres étaient marécageux.

Depuis l’introduction du VRS en 2001, 17 861 employés de l’industrie sucrière ont opté pour ce plan. Soit 9 368 pour le VRS 1 et 8 493 pour le VRS 2. « Quand nous sommes arrivés en 2014, seuls 1 500 contrats pour les bénéficiaires du VRS 2 avaient été signés. Aujourd’hui, la grande majorité des bénéficiaires ont obtenu leur terrain. Il nous reste encore 400 cas à régler. Nous mettons les bouchées doubles pour tout compléter. »

La cérémonie de remise des titres de propriété s’est déroulée en présence des députés de la région, Maneesh Gobin, Bashir Jahangeer et Zouberr Joomaye, ainsi que du directeur général de Bel-Air Agricultural Ltd, Michaël Rountree. Dans son discours, Maneesh Gobin a fait un historique du VRS, introduit par Pravind Jugnauth, alors qu’il était ministre de l’Agriculture, sous le gouvernement MSM-MMM.