Travailleuse du sexe, toxicomane, détenue, personne vivant avec le VIH : c’est ainsi que la société considère Meena, Huguette, Youshrin et Jessy. La souffrance, l’exclusion et la stigmatisation font partie de leur quotidien.
En marge de la Fête des mères, célébrée ce dimanche 28 mai, elles se sont confiées à Scope. Non pas pour se déculpabiliser, se justifier, s’excuser ou chercher un peu de pitié. Mais tout simplement pour ne plus être privées de leur statut de mère.
À peine le seuil de la porte franchi qu’elle s’empresse d’éloigner livres et cahiers éparpillés sur une table basse où sa benjamine a allumé une bougie. Elle demande à son aîné de se rendre à la boutique du coin pour effectuer quelques achats. Ce n’est qu’après avoir accordé quelques minutes à ses enfants que Jessy s’octroie une pause. Voilà bientôt une quinzaine d’années qu’elle “tras lor koltar”. Ce qui ne l’empêche pas “de remplir mon rôle de mère auprès de mes enfants. Même si je ne suis pas avec eux 24 heures sur 24, je garde toujours un oeil sur eux”.