La pâle prestation dont nous ont gratifié les quatre triathlètes mauriciens aux récents Jeux du Commonwealth à Glasgow continue à faire parler d’elle. Outre Fabienne St Louis qui a quand même eu l’honneur de terminer sa course 16e et dernière en élite dames sans se faire éliminer par le règlement du overlapping, Boris Toulet, Boris de Chazal et Emilie Ng Foong Po ont été par contre dépassés par les événements, se faisant reprendre et éliminer lors de la course cycliste.
Même Fabienne St Louis, qui évolue pourtant depuis cinq ans dans une structure de haut niveau en France, s’est rendue compte une fois de plus de la dure réalité face aux grandes stars de la planète triathlon. Elle était également au sommet de son art aux JO de Londres il y deux ans, terminant 42e à l’arrivée sur 56 concurrentes. « Elle n’avait qu’environ 5 minutes de retard sur les meilleures à la sortie de l’eau. Si c’était 7-8 minutes, elle serait passée à la trappe elle aussi. En vélo, elle est restée en retrait des meilleures qui eux mettaient 7-8 minutes pour survoler une boucle », souligne son père Alain St Louis, secrétaire général de la Fédération mauricienne de triathlon, qui était aussi présent à Glasgow.
« Néanmoins c’était une expérience exceptionnelle pour les trois autres. Cela a fait du bien à ceux d’entre eux qui veulent continuer. Ils ont vu à quel niveau ils doivent être dans quelques années. Et puis, à l’exception de Fabienne, les autres n’auraient jamais pu côtoyer les meilleurs au monde s’ils avaient l’obligation de se qualifier », observe-t-il. Il ajoute que les parcours de vélo et de course à pied étaient par endroits étroits et dangereux.
Reste que le quatuor a quand même eu l’occasion de terminer proprement sa course dans le relais mixte composé de 300 m de natation, 6 km de vélo et 1,6 km de course à pied que chaque coéquipier a complété tour à tour en se relayant. L’équipe mauricienne termina 9e et dernière, mais « chacun a pu juger l’écart qui le séparait des meilleurs. Pour moi, je trouve que c’est positif. » La course élite s’est disputée sur distance olympique, soit 1500 m natation, 40 km vélo et 10 km c.à.p.
Pour Alain St Louis, « le niveau reste inaccessible car étant amateurs, nous n’avons pas les moyens de nous entraîner comme ces professionnels qui ont des sponsors et qui ne font que du triathlon et s’entraîner pour être parmi les meilleurs au monde. Mais à l’image du Sud-Africain Richard Murray, médaillé de bronze de la course individuelle élite hommes, lui-même ancien champion du monde juniors du duathlon, cela laisse quand même de l’espoir à d’autres qui ont plus de 20 ans et qui pensent que c’est peut-être trop tard pour eux de progresser, même s’ils ont été auparavant bons nageurs, cyclistes ou spécialistes de courses de fond. »