L’ancien Premier ministre et leader du Parti travailliste Navin Ramgoolam, inculpé provisoirement du délit de blanchiment de fonds pour Rs 200 millions, montant sujet à des amendements à la conclusion de l’enquête, a échappé à une des trois conditions imposées pour la remise en liberté provisoire. En effet, les hommes de loi de l’accusé ont pu convaincre la magistrate Sikhalingum-Jiwaheer, siégeant au tribunal de Curepipe, que la condition réclamant que Navin Ramgoolam se rende au poste de police le plus proche de sa résidence chaque jour est probablement excessive.
Avec sa remise en liberté provisoire décidée par la magistrate Sherifaa Ganoo, celle qui avait présidé l’enquête judiciaire sur l’affaire du suicide allégué d’Anand Kumar Ramdhony au poste de police de Rivière-du-Rempart le 30 juillet 2011, Navin Ramgoolam a ainsi eu à verser une caution de Rs 200 000 et une reconnaissance de dettes de Rs 1 million. C’était le cas lors de sa comparution devant le tribunal de Curepipe ce matin avant de se rendre à Mapou pour l’inculpation provisoire de Conspiracy dans l’affaire du campement de Roches-Noires.
De ce fait, Navin Ramgoolam n’aura pas à « pointe » au poste de police de sa localité, comme c’est le cas pour d’autres suspects en liberté provisoire pour des délits aussi graves. Toutefois, il devra se mettre à la disposition de la police 24 heures sur 24 et lui fournir un numéro de téléphone cellulaire où il pourra être contrôlé 24 heures sur 24. La prochaine comparution de Navin Ramgoolam devant le tribunal de Curepipe a été fixée au 12 mai prochain.
Lors des débats sur la Bail Motion samedi devant la Bail and Remand Court, Me Gavin Glover a contesté les arguments de la police pour maintenir en cellule l’ancien Premier ministre. Il a évoqué la présomption d’innocence tout en rappelant le parcours du suspect en tant que Premier ministre. « My client is not going to run away but stand-up to clear his name », devait-il faire ressortir.
S’agissant de la sécurité de l’ancien chef du gouvernement et des risques entourant sa fuite du pays, Me Glover a argué que bénéficiant d’un statut d’ancien Premier ministre, il dispose des services des agents de la Very Important Security Unit (VIPSU) sur une base 24/7. La magistrate Ganoo a décidé d’accorder la liberté provisoire à Navin Ramgoolam contre deux cautions de Rs 200 000 et deux reconnaissances de dettes de Rs 1 million.