Ils réclament « que l’on demande aux ex-toxicomanes qui traînent dans le jardin d’enfants de la localité de ne plus y rester. Cet endroit est un espace récréatif pour nos gosses, mais on ne peut plus les y emmener ni les laisser aller s’y détendre. C’est dangereux ! Cela parce que, depuis maintenant deux ans, des ex-toxicomanes qui viennent chaque jour prendre leur dose de méthadone, au poste de police de Triolet, y passent toute la journée… »
Ces habitants de ce quartier de Triolet disent « ne plus savoir à quelle porte frapper. Nous avons été vers la police, et le Conseil de District : rien. Et ne parlez pas des députés de la région : gaspiyaz ». Ce groupe d’habitants se disent « franchement débordés. Fatigués et à bout de solution… »
Depuis la décision prise par le gouvernement, début 2015, de décentraliser les centres de dispensation de méthadone et de canaliser les patients vers les postes de police des différentes localités, ces habitants de ce quartier de Triolet disent « ne plus se sentir en sécurité ». Raison invoquée : « Une poignée des ex-toxicomanes qui viennent prendre leur dose quotidienne, aux alentours de 6 h 30, chaque matin, restent toute la journée dans le jardin d’enfants qui se trouve à proximité. » Du coup, disent ces habitants, « nou pa kapav avoy nou bann zanfan laba. Nou per zot gagn frekantasion ek sa bann droge-la ek zot osi, zot koumans gagn move labitid… »
Conscients que « les jeunes, surtout les enfants, sont très vulnérables », ces habitants souhaitent que « les autorités concernées prennent des mesures adéquates. Pourquoi, par exemple, ne pas leur interdire l’entrée et le fait de rester dans cet endroit récréatif ? Bizin trouv bann fason fer zot pran zot medsinn ek apre, al zot lakaz ». Parce que, poursuivent nos interlocuteurs, « quand ils squattent le jardin d’enfants, nos gosses ne peuvent plus y aller. Nous-mêmes, parents, avons peur de les laisser s’y aventurer, attention qu’ils soient tentés d’acheter des cigarettes ou qui sait, d’autres produits illicites de ces personnes ? »
Sollicités, des travailleurs sociaux actifs sur le terrain rappellent que « ce type de problème est récurrent. Nous sommes conscients que dans diverses localités du pays, les habitants font face à ces problèmes ». Et de rappeler que « sans une synergie entre les structures du gouvernement et les ONG qui oeuvrent dans ce domaine, nous allons nous diriger vers un affrontement… Il ne faut pas que les choses dérapent. Plutôt, il convient de mettre en place des structures pour orienter ces patients sur méthadone afin qu’ils ne deviennent pas une nuisance pour tout un chacun ».
Le groupe d’habitants qui s’est confié au Mauricien soutient que « depuis que ces personnes se sont approprié ce jardin d’enfants, celui-ci est devenu infréquentable et sale. Il faut absolument trouver une solution… »