Les dernières statistiques sur les salaires réclamés par la CSG-Solidarité et cinq confédérations syndicales dans le cadre des négociations tripartites jettent un nouvel éclairage avec pas moins d’un salarié sur deux, privé et public confondus, touchant moins de Rs 13 300 par mois cette année. Ces détails communiqués aux syndicats, dont la CGS-Solidarité, la National Trade Union Confédération, le Congress of Independent Trade Union, la Confédération of Free Trade Union, le Mauritius Labour Congress et le Mauritius Trade Union Council, révèlent également que quelque 71 500 salariés dans le privé touchent actuellement moins de Rs 5 600 par mois alors que le coût du panier de la ménagère, sous le Household Budget Survey de Statistics Mauritius, est estimé à Rs 24 815 cette année après ajustement du taux d’inflation.
« Ces données officielles confirment une réalité implacable et inquiétante : l’inégalité sociale n’a fait que se creuser au cours de ces dernières années », souligne Ashok Subron, animateur de la CSG-Solidarité. Les faits saillants du document communiqué aux syndicats engagés dans les tripartites sont les suivants :
223 000 employés (45 %), soit au moins un sur deux, touchent des salaires mensuels de moins de Rs 13 300 ;
18 750 employés du secteur public (en dépit des rapports du Pay Research Bureau et des Anomalies Commission) se retrouvent avec des salaires mensuels de moins de Rs 13 300 ;
71 500 travailleurs du secteur privé ne touchent même pas Rs 5 600 à la fin de chaque mois ;
Rs 24 815, telle est la valeur ajustée du coût du panier de la ménagère pour cette année alors qu’elle était de Rs 12 190, il y a dix ans de cela ;
54 500 ménages, soit 40 %, dépensent plus de 50 % de leurs salaires dans les achats alimentaires de base.
D’autre part, les statistiques officielles avancent que l’année dernière, les salaires moyens par employé étaient de Rs 14 680, alors que « the average expenditure per income earner is Rs 11 965 and the average number of income earners per household is two ».
« Le fait encore plus troublant de ces données officielles demeure que 71 500 employés rentrent chez  eux avec des salaires inférieurs à Rs 5 600 à chaque fin de mois. C’est une réalité qui devra interpeller plus d’un. D’autre part, malgré tout le battage sur le PRB et le rapport corrigeant les anomalies, il y a un fort pourcentage d’employés du secteur public et des corps para-étatiques avec des salaires de moins de Rs 13 300 », poursuit le syndicaliste Subron dans une première analyse du document officiel.
Ashok Subron met l’accent sur le fait que « dans la conjoncture des tripartites, il est important qu’un maximum d’informations soient disponibles avant que toute décision ne soit entérinée par rapport au quantum de la compensation salariale. Plus important encore demeure que le comité technique se cantonne à son rôle de comité technique au lieu d’usurper celui des autorités compétentes, dont les tripartites et le gouvernement sur le pourcentage de la compensation salariale à être payé ».
Dans un autre ordre d’idées, l’animateur de la CSG-Solidarité revient sur le fait que sur les 30 Remuneration Orders en vigueur couvrant 30 secteurs de l’économie et 80 % des employés du privé, 22 n’ont pas été révisés depuis ces cinq dernières années. « Sekivedir plis ki 75 % travayer sekter prive pa finn konn enn revizyon saler ek kondisyon danplwa sou sistem Remuneration Order dan dernye 5-an », s’insurge le syndicaliste, qui fait également comprendre que « les Collective Agreements en place démontrent l’inefficacité de ce mécanisme sur le plan de la révision salariale ».
Se basant sur des chiffres officiels, notamment l’évolution du coût du panier de la ménagère au cours de ces dix dernières années, passant de Rs 12 190 en 2003 à Rs 24 815 cette année, Ashok Subron avance que « li inportan konstate ki panye ki itilize par CSO pou kalkil ogmantasyon koud-lavi limem, so kou (valer) finn double dan dernye 10-an, alor ki sif linflasyon pou sa peryod-la, demontre selman enn ogmantasyon 60.4 %. Seki demontre ki bann salarye pe an realite sou-konpanse dan dernye 10-an. » La CGS-Solidarité en conclut que la compensation salariale variant entre Rs 1 000 et Rs 600 s’impose à tous les employés touchant moins de Rs 13 300 et de Rs 500 pour ceux au-dessus de la barre des Rs 13 300. « Nou soulinye ki tou travayer bizin gayn enn konpansasyon. Si bizin ena enn distinksyon se ant gro salarye ek ti salarye ki bizin fer li, napa ant travayer sekter prive ek piblik, kouma gouvernman pe rod fer », devait conclure Ashok Subron en attendant la prochaine réunion du comité technique de vendredi.