Il y a trois ans, le village intégré de La Valette voyait le jour. Quelques 200 familles sont relogées dans des maisons sociales. Trois ans après, ce type de village qui était une première à Maurice, évolue avec ses difficultés et ses réussites. Actuellement il y aurait environ 40 familles qui ne s’acquittent plus de leur loyer. Plusieurs mauvais payeurs, menacés d’expulsion en 2011, n’ont plus accès à l’eau et à l’électricité. Entre-temps, d’autres bénéficiaires se sont saisis de l’opportunité d’une nouvelle vie que leur a offert La Valette en 2009. Ils ont amélioré leur confort et embelli leur cour. Toutefois, à La Valette, l’accompagnement social des familles est une nécessité qui doit être comblée par la National Empowerment Foundation.
« Quand on parle de La Valette, c’est pour en dire du mal. On parle toujours de ce qui ne va pas à La Valette, de la drogue, des problèmes… » La réflexion que font souvent ceux qui sont invités à s’exprimer sur ce village particulier de Bambous est la même. Pour beaucoup, notamment des résidents de La Valette et ceux qui en sont proche, le village est perçu comme un carrefour à problèmes. A La Valette, comme partout ailleurs, il y a ceux qui font preuve d’irresponsabilité, ont des difficultés économiques et il y a ceux qui ont signé un pacte avec la débrouillardise, qui s’en sortent, travaillent et qui respectent leur environnement. « Il n’y a qu’une poignée de familles qui pose de vrais problèmes », confie une source de la National Empowerment Foundation. En clair, « les vrais problèmes » sont liés à des actes punissables par la loi et vont à l’encontre du contrat social auquel se sont soumis chaque bénéficiaire avant de prendre possession de leur logement. « L’ennui, c’est que les frasques de ces familles éclaboussent sur nous et ternissent la réputation de La Valette », confie une mère de famille du village. Il est même dit que La Valette serait devenu un village dangereux. « Oui! », affirme la mère de famille. « Je crains pour la sécurité de mes enfants. Je ne suis pas tranquille tant qu’ils ne sont pas à l’intérieur de la maison. Je n’aime pas voir certaines choses qui se trament ici », dit-elle. « Est-ce qu’il fait bon vivre à La Valette? », répète une de ses voisines à la question que nous lui posons. Et de répondre : « Tant qu’on ne se mêle pas des affaires des autres, qu’on s’occupe des siennes, ça va! Ce qui ne nous empêche pas d’entretenir une relation civilisée avec notre entourage. » En apparence, rien ne confère une atmosphère austère à La Valette. Même à la tombée de la nuit. D’ailleurs, aussitôt que l’obscurité enveloppe le village, les rues se vident rapidement et les lumières éclairent les maisons dont les factures d’électricité sont en règle. A l’extérieur, les pylônes alignés dans l’entrée principale qui mène à l’intérieur de La Valette ne fonctionnent pas. Plus tôt, alors que la lumière du jour éclairait encore cette rue, hommes, femmes, jeunes… rentraient du travail, du collège ou d’ailleurs comme ils le font chaque après-midi depuis trois ans.