La Platform Sov Nou Laplaz (PSNL) ne compte pas baisser les bras s’agissant du projet de cafétéria de la famille Sungkur sur la plage publique de Trou-aux-Biches. Si l’année dernière, les demandes d’injonction ont été balayées d’un revers de la main par la Cour suprême, 2014 offre une nouvelle voie aux opposants à ce projet : celle de lutter contre sa mise en place en prenant en considération l’aspect environnemental.
C’est en septembre dernier dans les colonnes du Mauricien que le Mouvement Solidarité de Trou-aux-Biches (MSTB) a attiré l’attention du public et des autorités sur l’opacité entourant un projet de construction sur la plage publique. Outre l’absence d’un Building and Land Use Permit, les forces vives de Trou-aux-Biches s’étonnent des travaux en vue d’y ériger une cafétéria sur une aire de stationnement située à proximité des locaux de la National Coast Guard (NCG). Un mouvement de contestation s’organise car non seulement ce projet contribue au rétrécissement de l’espace destiné au public sur la plage mais sa progression se fait dans des circonstances douteuses. Regroupés au sein de la Platform Sov Nou Laplaz (PSNL), les activistes du pays font bloc. Ils font une demande d’injonction pour l’arrêt des travaux en vue aussi de limiter les dégâts sur le plan environnemental. D’abord rejetée par le juge Asraf Caunhye, l’affaire est portée devant la juge Saheeda Peeroo qui se récuse. Finalement, c’est le juge Hajee Abdoula qui rendra son verdict positif en faveur des Sungkur, ne trouvant rien à reprocher au projet.
Mais, la PSNL n’est pas de cet avis. La résistance s’organise à travers une campagne de sensibilisation et des séries de meetings, tenus sur diverses plages du pays pour dénoncer la braderie des plages publiques « au profit des petits copains » dont fait partie le projet des Sungkur. Depuis, les contestataires font usage des aspects environnementaux pour réclamer un pull down de l’édifice qui, à ce jour, est presque achevé.
« Nous nous étonnons de la rapidité avec laquelle ce projet a vu le jour », déclare pour sa part un habitant de Trou-aux-Biches. Georges Ah Yan, le porte-parole de la PSNL estime, lui, que la rapidité de la construction du bâtiment commercial « n’est qu’une stratégie du promoteur en vue de décourager les contestataires ». « Me sa napa dekouraz nou. Nou finn angaze dan sa proze-la ek nou pou al ziska li fini. Pa pou arete tan ki nou napa gagn gen de koz », martèle cet habitant de Mahébourg. Bien que le projet des Sungkur est en contradiction avec le Outline Scheme et représentant des violations « of several key statutory requirements of the Building and Land Use Permits criteria », les opposants comptent alerter le Tribunal des dangers que représente un tel commerce principalement pour la santé de la plage publique de Trou-aux-Biches. « C’est un projet qui est né du jour au lendemain dans des circonstances douteuses. Lorsque nous analysons son évolution, nous avons l’impression que ni le District Council, ni la Beach Authority ou encore les ministères concernés (Terres et du Logement ; Environement ; Administration régionales ; Santé) ne se sont intéressés à sa phase de construction. Tout porte à croire que ce proche du Premier ministre a eu le feu vert du GM », laisse entendre la plateforme. À Georges Ah Yan de déplorer la demande d’un Environmental Impact Assessment (EIA licence) ou encore de l’autorisation de L’Integrated Coastal Zone Management Committee du ministère de l’environnement. D’ailleurs, la plateforme compte mettre en avant l’absence d’un rapport d’experts pour appuyer sa demande. « Nous avons aucune idée du sort des eaux usées et si cette construction aura un impact sur la plage publique. Nous ne souhaitons pas que ce commerce affecte cette plage encore plus qu’elle ne l’est déjà », fait comprendre Georges Ah Yan. Bien que la PSNL fustige les autorités et précise que ces derniers auront à répondre de leurs actes, les activistes-écologistes réclament le pull-down de l’édifice dont les travaux de construction avancent à grand pas. Le bâtiment en dur a déjà vu le jour ainsi que la terrasse où des tables seront certainement aménagées. Toutefois, malgré les mesures de contestation depuis septembre dernier, Le Mauricien présent sur place hier après-midi a noté l’absence de Notice Board sur le site de construction indiquant la nature des travaux.