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Un décès sur vingt dans le monde est lié à l’alcool. Cause de maladies infectieuses, d’accidents de la circulation, de blessures, d’homicides, de maladies cardiovasculaires, de diabètes, etc. : 5,3 % des décès dans le monde sont liés à l’alcool chaque année. Les jeunes seraient particulièrement concernés par le problème. C’est ce qui ressort d’un rapport de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) qui souligne ainsi que l’alcool a tué trois millions de personnes dans le monde en 2016.

Tous les quatre ans, l’OMS fait le point: où en est-on du problème de l’alcool ? Et les chiffres ne sont pas bons. Dans un rapport sur la consommation d’alcool dans le monde et ses conséquences néfastes sur la santé, l’OMS a révélé que l’alcool fait plus de morts que le VIH, la tuberculose et la violence réunis. L’alcool est ainsi responsable de 5,3% des décès dans le monde. Ce taux varie néanmoins selon les âges, et est plus élevé chez les plus jeunes, dont l’âge est compris de 20 à 29 ans, avec un taux de décès de 13,5%, soit environ 7,2% de toutes les morts prématurées dans le monde, indique l’OMS. Trois quarts des décès concernent des hommes.

Au total, l’alcool a tué dans le monde quelque trois millions de personnes en 2016, contre 3,3 millions en 2012, selon le précédent rapport de l’OMS à ce sujet. Sur les 3 millions de décès attribuables à l’alcool en 2016, 28 % étaient liés à des accidents de la route, des suicides et à des actes violents, 21 % à des troubles digestifs et 19 % à des maladies cardiovasculaires. Les autres décès étaient dus à des maladies infectieuses, des cancers ou des troubles mentaux et autres problèmes de santé. Plus de 200 maladies sont liées à la consommation d’alcool.

Les Européens plus gros buveurs

Pour le docteur Vladimir Poznyak, expert à l’OMS chargé de la lutte contre l’alcoolisme,”le fardeau de l’alcool sur la santé est inacceptable”. “Malheureusement, la mise en œuvre des options politiques les plus efficaces est en retard par rapport à l’ampleur des problèmes”, poursuit-il. Dans un communiqué, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, réagit également et estime qu’”il est temps d’agir davantage pour prévenir cette grave menace pour le développement de sociétés saines”. Surtout qu’environ 2,3 milliards de personnes dans le monde boivent de l’alcool.

La consommation quotidienne d’alcool correspond en moyenne à 33 grammes purs, soit deux verres de vin, une bouteille de bière ou deux “shots” de spiritueux. L’alcool est consommé par plus de la moitié de la population du continent américain, d’Europe et de la région du Pacifique occidental.

L’Europe a la consommation par habitant la plus élevée du monde – (et encore une fois, ce sont les plus jeunes qui sont le plus visés : près de 44% des 15-19 ans en Europe sont des buveurs actifs) – bien que les chiffres soient en diminution note l’OMS. Les plus fortes baisses ont été enregistrées en Russie, en Modalvie et en Biélorussie.

L’OMS prévoit une hausse de la consommation globale dans le monde sur les dix prochaines années, particulièrement dans les régions du sud-est asiatique, du Pacifique occidental et sur le continent américain. Les chiffres avancés pour 2016 pourraient être pires dans les prochaines années. “La consommation d’alcool commence dans de nombreux pays bien avant l’âge de 15 ans, c’est pourquoi nous pouvons dire que nos estimations sont assez prudentes, car nous ne comptons pas du tout l’impact de la consommation d’alcool chez les moins de 15 ans”, explique l’organisme.

Cela entraînera certainement une augmentation du nombre de décès et de souffrances dans le monde entier, prévient ainsi Vladimir Poznyak. Pour freiner cette hausse, le médecin recommande aux instances internationales sportives comme la FIFA de mettre fin au sponsoring des boissons alcoolisées.