Port-Louis, 18h30. Pendant que le pays se prépare aux festivités de Noël, Rajoo, Jennifer et Govinden « tras » leurs vies aux abords de la Cathédrale St Louis. Ces trois sans-abris se démènent pour se trouver de la nourriture et un coin tranquille pour dormir. Ce Noël, ils le passeront dans les rues.

Rajoo, 44 ans, semble s’être résigné à son train de vie. C’est un des anciens sans-abris de la ville. Lui qui habitait le sud déambule les rues depuis 19 ans maintenant. Le matin, il travaille au marché central de Port-Louis, et le soir, sa seule préoccupation se résume à se trouver un repas. Il s’installera par la suite à proximité du poste de police de Trou-Fanfaron pour passer la nuit.

Rajoo ne possède comme biens qu’un morceau de carton, une couette et quelques vêtements de rechange. Pour 2019, il souhaite que le gouvernement prenne en compte « les gens comme moi » afin qu’il puisse se trouver un toit. Par chance, le quadragénaire passera les fêtes de fin d’année en famille avant de reprendre sa vie de sans domicile fixe.

Govinden, 59 ans, squatte les rues de la capitale depuis près de trois ans. Sa santé fragile ne lui permet pas de se trouver un métier. Son fils passe le voir de temps en temps et Govinden a l’air de s’être habitué à ce style de vie. « Mo pa al rod manze, dimounn donn mwa », dit-il. Pour Noël, le quinquagénaire compte s’offrir une nouvelle coupe de cheveux.

Jennifer, 33 ans, et son époux se sont retrouvés à la rue suite à des problèmes de famille. Assise à proximité d’un fast-food de Port-Louis, la jeune femme fait la manche pour quelques roupies qui lui serviront à acheter quelque chose à se mettre sous la dent. Son compagnon se trouve, lui, à l’autre bout de la ville où il mendie également.

Le couple a tenté plus d’une fois de trouver un emploi, mais tous deux ont été confrontés à des refus. Pour cause, Jennifer et son compagnon disent ne pas pouvoir fournir de preuve d’adresse. Comme une centaine d’autres SDF de la capitale, ce 25 décembre ne représente qu’une date pour le couple. « Nwel, nou pou pran li sinp, lâche Jennifer. Nou pou kontign tras nou lavi ».