Après leur “walk-out” de la réunion avec la direction de l’Université de Maurice hier, les membres de l’Union des étudiants ont rencontré hier les responsables de la Tertiary Education Commission (TEC). Selon Saahir Goolfee, le président, ces derniers ont été à l’écoute et ont pris l’engagement de discuter de leurs doléances avec la direction de l’université. L’union attend les retombées de cette rencontre et décidera par la suite de la marche à suivre. Entre-temps, ils rencontrent leur conseiller légal demain.
L’Union des Étudiants est convaincue de l’existence de pratiques contraires aux règlements de l’Université de Maurice (UoM) de même que les principes d’égalité des chances ne sont pas respectés dans certains cas. D’où leur démarche de rencontrer un homme de loi demain pour discuter des actions légales possibles.
Hier, sept membres de l’union ont eu une rencontre avec la direction de l’UoM suite à la lettre envoyée mardi faisant état de plusieurs problèmes au sein de l’institution, dont la fermeture de la faculté d’Ocean Studies. Saahir Goolfee explique : « Lorsque nous avons évoqué ce problème, on nous a déclaré qu’il y avait eu des discussions préalables avec tous les partenaires. Or, nous n’avons jamais été consultés, ce qui signifie donc que la direction de l’université ne nous considère pas comme étant un partenaire. Je rappelle que sans les étudiants, l’université n’existe pas. »
Jason Galeegadoo, le vice-président de l’union, fait, lui, ressortir que leur demande pour des détails sur les frais réclamés par l’université est restée lettre morte. « Par exemple, il y a des “laboratory fees” de Rs 5 000, mais les équipements sont obsolètes. Il y a des microscopes dignes d’être exposés au musée. À quoi servent donc les “laboratory fees” ? Nous voulons savoir comment cet argent est investi dans les laboratoires. »
De son côté, Faizal Auckbarally relève que le retard dans la publication des examens a causé pas mal d’inconvénients aux étudiants. « Il y a des étudiants de l’ACCA qui n’ont pu faire leur demande car ils ont dépassé la date limite. Quand nous, étudiants, ne respectons pas les délais, nous sommes sanctionnés. Mais quelle sanction y aura-t-il pour les responsables de cette situation ? » Ces propos sont soutenus par Lavish Seewooruth, qui se demande pourquoi l’UoM établit un calendrier si elle ne le respecte pas.
Les membres de l’union se montrent également très critiques à l’égard des responsables de la faculté d’Engineering. Ils déplorent ainsi le fort taux d’échec dans cette faculté. « Certains chargés de cours décident de l’avenir des étudiants. Sans compter qu’il y a eu des cas d’intimidations. Ce n’est pas professionnel. »
Avish Ramgoolam, de la faculté Law and Management et membre de l’union, regrette pour sa part que les mêmes considérations n’ont pas été accordées à tous pour le « special intake ». Selon lui, certains étudiants n’ont pas été autorisés à passer des modules qu’ils avaient ratés, et ce en dépit d’un certificat médical du ministère de la Santé prouvant qu’ils étaient malades. « Or, par le passé, d’autres étudiants, avec ces mêmes certificats médicaux, ont pu repasser leurs examens. Y a-t-il une politique de deux poids, deux mesures ? » se demande-t-il.
Les membres de l’union relèvent également le cas d’étudiants restant « jusqu’à sept années » à l’université parce qu’ils n’arrivent pas à décrocher un ou deux modules qui leur manquent pour obtenir leur “degree”. « Certains ont refait le même module cinq fois. À un certain moment, il faut pouvoir trouver une solution. »