Ils sont 24 ouvriers bangladais travaillant dans une usine à Saint-Pierre à avoir porté plainte au ministère du Travail pour maltraitance hier. Ils déplorent des conditions d’hébergement insalubres de même que des sanctions abusives « pour de petits détails ». Ce qui intrique le plus dans cette affaire, c’est que personne, au ministère, ne semble savoir qui a transféré ces ouvriers dans une usine se trouvant déjà sur la liste noire après la fermeture de Texto, en décembre dernier.

Cela fait sept mois qu’ils travaillent à l’usine Trend Clothing Ltd, à Saint-Pierre. Leur contrat avec Texto Ltd n’est plus valide car l’usine a fermé ses portes en décembre dernier. Or, le nouvel employeur n’a pas entamé les procédures nécessaires pour un nouveau permis ni rédigé un contrat pour leur recrutement. Ils peuvent ainsi être déportés à n’importe quel moment.

Jusqu’ici, ces ouvriers bangladais n’étaient même pas au courant des risques qu’ils encourent. C’est en venant porter plainte pour « mauvais traitement » au ministère du Travail hier qu’ils ont pris conscience de leur situation. Pire : personne sur place ne semble savoir qui les a placés à Trend Clothing puisque cette usine figure sur la liste noire du ministère. « Nous n’en savons rien. Après la fermeture de l’usine Texto, on nous a demandé d’aller travailler chez Trend Clothing. D’autres compatriotes ont été placés chez RT Knits et chez un fabricant de nouilles. On est même venu prendre nos lits et nos matelas, qui se trouvaient au dortoir de Texto, à Sainte-Croix. »