Les entreprises mauriciennes embauchent moins. La dernière Vacancy Rate Analysis de la Mauritius Employers Federation (MEF), une étude portant sur les postes vacants annoncés dans la presse (quotidiens et hebdomadaires confondus) pendant une période donnée, confirme une baisse dans les intentions d’embauche par rapport à la même période de l’année précédente. Pour le patronat, cette situation indique que nos entreprises font face actuellement aux « full effects of the global crisis ».
Couvrant la période 1er mars-31 mars 2013, la Vacancy Rate Analysis de la MEF indique que le nombre de postes vacants paru dans la presse a baissé de 17,8 % comparativement à mars 2012, passant de
1 552 à 1 276. Ce repli, soutient le patronat, vient confirmer les observations faites en début d’année dans un autre document (Annual Business Trends Survey) publié par la MEF à l’effet que les entreprises comptaient embaucher moins cette année. « The MEF Vacancy Rate Analysis for the month of March 2013 is revealing of a slowdown in the job market as the uncertain and subdued domestic and global economic situation persists », écrit la MEF.
L’analyse des postes vacants annoncés dans la presse, soutient la MEF, est un indicateur utile pour l’évaluation du marché du travail et du potentiel de création d’emplois dans l’économie mauricienne. Celle de mars 2013 concernait un total de 655 annonces relevées dans la presse locale. Un grand nombre de ces annonces avait trait à des postes vacants dans le secteur du commerce (de gros et de détail), soit 155 (23,7 % du total) et d’autres activités de service (136 ou 20,8 %). Le relevé de la MEF indique que, dans le cas des annonces où le nombre d’emplois proposés était spécifié, les entreprises cherchaient à recruter 1 276 personnes. Faisant une extrapolation des données disponibles pour inclure les annonces où le nombre de postes vacants n’était pas précisé, la MEF arrive à un chiffre de 1 678.
S’en tenant aux specified vacancies (1 276), la MEF observe une réduction de près de 18 % par rapport à la même période de l’année précédente. Elle remarque que 71,5 % des postes vacants concernaient le secteur des services et qu’il y avait des « significant declines » dans les secteurs de la construction, de l’hôtellerie et de la restauration et du transport/stockage.
Environ 19 % des postes vacants étaient pour des machinistes mais on notait également des demandes d’embauche importantes pour le secteur des services (vendeurs, artisans et autres métiers associés). « Managers, professionals and associate professionals and technicians made up for 22.4 percent of the total number of vacancies », déclare la MEF qui ajoute que les opportunités d’embauche de managers, professionnels et autres professionnels associés avaient diminué.
La MEF fait ressortir dans son rapport que compte tenu de la situation difficile dans le marché de l’emploi, il y a un besoin pour une National Employment Policy capable d’offrir un cadre approprié aux politiques et programmes pour la promotion de l’emploi, le combat contre le chômage et le renforcement des capacités des individus en vue de faciliter leur embauche.
La MEF estime qu’il faut veiller à l’évolution du marché de l’emploi à la lumière des récents amendements apportés aux lois du travail, avec des règlements à prescrire pour réguler les contrats à durée déterminée. Commentant également la situation concernant le manque de main-d’oeuvre qualifiée et l’absence d’éthique du travail au niveau de la main-d’oeuvre, le patronat recommande que ceux qui sont à la recherche d’un emploi développent les « necessary job market credentials » : les qualifications requises, une bonne communication, des qualités de leader, des aptitudes organisationnelles, la motivation, la capacité de travailler en équipe et sous pression, entre autres.