Le secrétaire de la National Transport Corporation Worker’s Power Union (CNTWPU), Pritviraj Sombarydoss, entame, aujourd’hui à Vacoas, le 5e jour d’une grève de la faim déclenchée afin d’être réintégré à son poste de chauffeur d’autobus. Depuis le début du mois courant, il est l’objet d’une suspension qu’il conteste.
Selon la direction de la Corporation nationale de transport (CNT), M. Sombarydoss est “actuellement suspendu de son travail pour avoir fait des déclarations malveillantes et non-fondées à la presse qui pouvaient nuire à la réputation de la corporation.” Dans un communiqué envoyé aux médias, la direction de la CNT détaille de la façon suivante les circonstances qui l’ont menée à prendre des sanctions:
– le 8 mai dernier, une lettre a été envoyée à M. Sombarydoss lui demandant de fournir des explications
– dans une lettre reçue le lendemain, son avocat, Me Rama Valayden, a précisé que son client a demandé au journaliste de Week-End d’apporter des rectifications à ses propos. (Ndlr:  nous confirmons que la demande avait été effectivement faite et  que la rectification a été publiée dans notre édition de  la semaine dernière).
Toutefois, toujours selon la direction, dans une lettre datée du 10 mai, M. Sombarydoss “a maintenu tout ce qu’il avait dit lors d’une conférence de presse le samedi 29 avril dernier.”
La direction de la CNT affirme que M. Sombarydoss “était déjà sous le coup d’une suspension suite à un incident survenu le 30 août 2016. Il lui était reproché d’avoir abandonné son autobus pendant plusieurs heures. Ce cas fut référé au Central Disciplinary Committee de la CNT. Après plusieurs renvois, il fut entendu le 26 avril 2017. M. Sombarydoss plaida coupable et écopa d’un avertissement final. Il fut représenté tour à tour par Me Valayden et Me N. Dulloo.”
Le communiqué de la direction de la CNT soutient que les employés qui étaient en service et qui ont travaillé le 1er mai, jour férié, ont été payés selon des Remuneration Orders et qu’un package a été proposé à ceux qui ne devaient pas être de service ce jour-là mais qui avaient été appelés.
De son côté, le président de la CNTWPU soutient que, premièrement, “je n’avais jamais plaidé coupable pour ce que je considère comme une fausse charge. Mais sans avoir reçu un premier ou deuxième avertissement comme c’est l’usage, j’avais écopé d’un avertissement final, et suspendu, mais avec paie.” Selon le syndicaliste, “ce qui n’est pas compréhensible dans la façon de faire de la direction, c’est que, tout en étant suspendu depuis le 2 mai, le 15 du même mois, j’ai travaillé toute la journée et j’ai même fourni des heures supplémentaires ce jour-là. Cependant, après une journée de repos, le lendemain, lorsque j’ai voulu reprendre mon poste le 17 mai, la direction m’a redit que je suis toujours suspendu.”
Le gréviste de la faim se dit convaincu qu’il est “harcelé” par la direction de la CNT depuis que d’autres travailleurs et lui ont décidé de mettre sur pied un nouveau syndicat. “Les membres de la NTCWPU sont eux en butte à toutes sortes de représailles comme être privés d’heures supplémentaires qui leur permettaient d’améliorer leurs revenus, d’avoir à travailler dans de vieux autobus, d’être affectés sur certaines lignes éloignées en guise de punition.” M. Sombarydoss déclare ne pas, non plus, pouvoir supporter que le président de son syndicat, M. Vijay Bhantoo, ait été licencié pour avoir dit que le système de freinage des d’autobus en provenance de la Chine a été modifié (Ndlr: la direction a démenti que telle modification a eu lieu). Or, selon M. Sombarydoss, “le directeur des ressources humaines qui a recommandé le licenciement du président du syndicat a lui-même été récemment trouvé coupable de vol par la justice, mais lui occupe toujours son poste, comme quoi il existe un traitement pour le cadre haut placé et le petit travailleur au bas de l’échelle.”
Dans son communiqué, la direction de la CNT affirme que “en ce qui concerne le cas relatif au directeur des ressources humaines, ce dernier a fait appel d’un jugement prononcé à la Cour de Flacq. Il demeure en poste en attendant un dénouement dans cette affaire selon les provisions légales.” Selon M. Sombarydoss, dans le cas du président de son syndicat, “il a été condamné par un comité disciplinaire institué par la direction et a reçu sa feuille de route en n’ayant jamais eu, lui, le temps de faire appel.”
Le syndicaliste se dit “déterminé à poursuivre mon jeûne jusqu’à la levée de ma suspension, afin de reprendre mon travail.” À ce stade, le gréviste n’a été visité que par le membres de son organisation et ses hommes de loi.