Le premier tome de la bande dessinée Histoire de Maurice n’est pas l’adaptation grand public d’ouvrages historiques existants, mais bel et bien une création, avec une approche assumée de l’histoire. Ici, l’être humain, de la base au sommet de la hiérarchie sociale, prend tout son relief dans la mécanique complexe et plurielle d’une nation naissante. Et ces premiers pas de la colonisation lèvent le voile sur une île-monde qui se construit sur la rencontre et le métissage. Humaniste, cette BD l’est par son traitement de la matière humaine et parce qu’elle s’adresse aussi à tous les jeunes de 7 à 77 ans, et au-delà !
Les Éditions du Signe, en France, se sont fait une spécialité de ces lectures qui joignent l’utile à l’agréable, le plaisir visuel et ludique d’une bande dessinée associé à l’apprentissage de l’histoire d’un pays, d’une région ou d’une ville, voire même d’un monument ou d’un site célèbre… Son directeur, Christian Riehl, annonçait avec fierté mercredi qu’il séjourne à Maurice depuis 42 ans, aux nombreux invités qui se sont joints au lancement du premier tome d’Histoire de Maurice. L’ouvrage, de même que les trois autres tomes qui suivront de novembre 2017 à Noël 2018, seront également réalisés en coédition par cette maison alsacienne et l’imprimeur mauricien IPC, et par les mêmes auteurs.
La scénariste Shenaz Patel a puisé sa matière dans ce qu’elle savait déjà et dans les innombrables données patiemment collectées depuis des années par l’historien Jocelyn Chan Low, qui confie volontiers que sa propre écriture est devenue illisible à force de prendre des notes à partir de documents historiques qu’à l’époque, il ne pouvait ni photocopier ni photographier. Il a trouvé sa manne aussi bien ici qu’à Londres, La Haye ou en France, autant de lieux où les archives se sont depuis considérablement modernisées. L’illustrateur et dessinateur Laval Ng a lancé les premières planches avant de passer la main à son confrère français Christophe Carmona, qui lui a, en passant, rendu un sympathique hommage en soulignant son « graphisme nerveux, efficace, qui est bon », ajoutant : « Il était intéressant pour moi, qui suis un dessinateur laborieux qui s’enquiquine avec tous les détails d’un château fort, de tenter de poursuivre sa démarche. Laval m’a tiré vers la narration et m’a apporté de la modernité… » Ce travail d’équipe colossal a représenté un an d’assiduité pour prendre forme, mais il est le fruit d’innombrables années de recherches et de mois d’écriture. Ces auteurs sont en dédicace aujourd’hui de 11h30 à 13h30 au Trèfle, à Curepipe, et chez Bookcourt, à Bagatelle, de 15 à 17h.