Plusieurs femmes atteintes du VIH sont décédées ces derniers mois faute d’un suivi médical régulier. C’est le constat que dresse l’organisation non-gouvernementale La Chrysalide. Cette situation représente de nouveaux défis pour ceux engagés dans la prise en charge. Pour les relever, La Chrysalide a fait appel à Hervé Aeschbach, coordinateur de Fight Aids Monaco pour une formation de deux jours.
Parce qu’elles ont honte de leur maladie, ont peur d’aller à l’hôpital ou font passer les autres membres de la famille avant elles, de nombreuses femmes séropositives n’ont pas un traitement régulier. « Même si à Maurice la prise en charge médicale est gratuite, l’accompagnement fait encore défaut. D’où notre présence », dit Marlène Ladine, directrice de La Chrysalide.
Dans un tel contexte, les femmes sont plus vulnérables. C’est une situation qu’on retrouve partout ailleurs. « Les femmes s’enferment. Elles ont honte de parler. Ou alors, elles se disent que si elles vont à l’hôpital, tout le monde saura qu’elles sont séropositives ».
Selon Marlène Ladine, au cours de ces derniers mois, plusieurs femmes sont décédées faute d’un traitement régulier. La venue à Maurice d’Hervé Aeschbach vise à aider à renforcer les capacités des ONG dans la prise en charge des femmes séropositives. « Il faut savoir ce qui se passe ailleurs », ajoute la directrice de La Chrysalide.
Pour Hervé Aeschbach, cette formation sera une occasion pour le partage des compétences et établir des liens pour mieux travailler en réseau. « C’est une relation d’aide, on s’enrichit mutuellement. » D’autres ONG engagées dans le même domaine, notamment Lakaz A, PILS et le Centre Idriss Goomany, ainsi qu’un médecin du ministère de la Santé, participeront à la formation. Fight Aids Monaco est une organisation fondée par la Princesse Stéphanie de Monaco. C’est la deuxième fois qu’Hervé Aeschbach vient organiser une formation pour le compte de La Chrysalide. Dans le passé, il a aussi travaillé avec PILS.
Même si une baisse du nombre de nouvelles infections a été notée depuis quelque temps, Marlène Ladine est d’avis qu’il y a encore beaucoup à faire pour atteindre l’objectif du millénaire qui est de zéro infection en 2015. La difficulté des femmes à parler ouvertement de leur maladie rend la situation encore plus délicate. L’attention est aussi portée vers les femmes au foyer qui, loin des groupes à risques comme les travailleuses du sexe, ne savent pas qu’elles ont été infectées par leurs maris.
Hervé Aeschbach partage l’expérience de la Maison de vie, en France, où les femmes sont accueillies pendant une à trois semaines, pour se ressourcer et avoir un espace de parole. Marlène Ladine est d’avis qu’une telle structure à Maurice aurait aidé les femmes.