Les chiffres de Statistics Mauritius montrent que la violence perdure et que la pauvreté semble gagner du terrain. Cette dernière semble être difficile à combattre malgré tous les moyens mis en oeuvre par les autorités. Le gouvernement pratique la politique de l’autruche sur la situation de l’insécurité dans le pays en se basant sur l’apparente baisse de 14% sur les cas rapportés de vols et de cambriolages.
Peut-on vaincre la violence et la pauvreté ? Ibrahim Koodoruth (sociologue), Jack Bizlall (observateur politique et syndicaliste) et Patricia Adèle Félicité (secrétaire générale de Caritas Maurice) nous donnent des éléments de réponse.
Il y a une perte de valeurs et de repères dans notre société. Tel est l’avis de nos trois interlocuteurs. Les chiffres ne disent pas tous la vérité. Statistics Mauritius note une augmentation de 23% des cas d’agression sexuelle et une hausse de 14% de la délinquance juvénile en 2012 (comparé aux chiffres de l’année précédente). Mais Ibrahim Koodoruth estime que cela ne serait que le sommet de l’iceberg. Selon lui, certaines personnes seraient tellement blasées qu’elles hésiteraient à rapporter les cas de violence dont elles sont victimes. Il cite les whistle blowers qui sont inquiétés par la justice, les crimes non encore résolus en dépit de longues années d’enquête et le fait que certains présumés coupables s’en tirent à bon compte. “Cela a envoyé un mauvais signal à la population, qui estime qu’elle peut être violente sans être sanctionnée.”