Les prévisions de la météo n’augurent pas de bon présage pour les habitants de Sable-Noir. Pour cause: ils redoutent d’être à nouveau victimes d’inondations. Si des travaux ont été effectués pour agrandir les drains existants et en aménager d’autres dans la région, pour permettre l’évacuation de l’eau des pluies, les habitants de la localité pointent du doigt l’évolution de ces travaux, craignant une montée des eaux en cas de grosses pluies. Ce, du fait que le canal d’évacuation qui transite sous un ponton, proche des maisons, risque de déborder en raison de son étroitesse, et formant de même un goulot d’étranglement. Pour alerter les autorités, qui malgré leurs doléances n’ont jusqu’ici pas réagi, les habitants du quartier ont installé diverses banderoles dans la région déplorant qu’au prochain cyclone : “Pa pou ena barer. Sable-Noir : drain de la mort.”
“En cas d’inondations, c’est la mort assurée”, craignent les habitants de la localité. Ils pointent du doigt les travaux entrepris par la National Development Unit (NDU) suite aux inondations du 30 mars 2013 et qui n’ont, jusqu’ici, pas été complétés. Les prévisions de la station météo de Vacoas, annonçant les prochaines grosses pluies pour bientôt, augmentent en effet l’angoisse des résidents de Sable-Noir qui redoutent une montée des eaux. Des craintes qui s’accentuent davantage audevant du ponton qui traverse le quartier et sous lequel, le canal d’évacuation transite, mais formant, principalement à hauteur des maisons qu’il borde, un goulot d’étranglement. Si des ouvriers étaient à l’oeuvre en fi n de semaine pour épierrer sous le ponton, les habitants de la région estiment que “cette mesure n’est pas adéquate.” Encore sous le spectre du 30 mars 2013, ils font ressortir que “quand la marée monte, c’est épouvantable. Évidemment, le canal va déborder et l’eau va à travers le pont. L’eau peut monter jusqu’à taille d’homme.”
“Sable Noir ne se noiera pas encore”, disent les autorités
Leurs maints avertissements auprès des autorités n’auraient pas suffi , disent-ils. Ainsi, si les autorités, qui ont effectué il y a quelques mois, une visite du site et — en concertation avec les habitants de la région — ont décidé d’éliminer l’actuel ponton et d’en construire un nouveau, plus large, un peu plus bas dans la rue, et qui survolerait les nouveaux drains, pour faciliter le passage, les travaux ont été stoppés. Et aucun pont démoli ou reconstruit.
Au grand dam des habitants qui ne comprennent pas cette décision. Selon les informations qu’ils auraient glanées auprès des autorités, c’est en raison de la dissolution du Parlement que décision aurait été prise pour l’arrêt des travaux qui ne reprendront, toujours selon ce que les habitants ont appris d’une source haut placée au ministère des Infrastructures publiques, que l’année prochaine. “Or, la saison des grosses pluies est très proche, et est prévue pour 2014. Que nous arrivera-t-il en cas de montée des eaux?”, demandent les habitants de Sable-Noir.
Au ministère, on fait ressortir que cette affaire est prise très au sérieux et que si effectivement avec la dissolution du Parlement, plus d’autres travaux d’infrastructures publiques ne seront entrepris jusqu’à décision du prochain gouvernement, la NDU continue avec ses “on going projects”, dont les drains à Sable-Noir font partie.
Cependant, la construction du pont relève d’une deuxième phase du projet de drains à Sable Noir, dit-on. À ce stade, les drains ont été installés et le canal élargi. “Il n’y a aucune crainte à avoir. Sable Noir ne se noiera pas aux prochaines grosses pluies”, dit le haut gradé du ministère, affi rmant que le pont sera prochainement construit. Notre source précise que “nous allons faire le nécessaire. Nous avons pris un engagement.” Mais quand ? Cette question reste en suspens.
En attendant, le spectre du 30 mars 2013 continue de planer sur les habitants de Sable-Noir. Et si pour alerter l’opinion publique et souligner leurs appréhensions, les habitants ont installé depuis mercredi dernier des banderoles décriant “Sable-Noir, Prochain cyclone, Drain de la mort, pa pou ena barer”, vendredi soit, ces banderoles ont été enlevées. Les habitants de la localité y voient là un moyen de répression. “Cela ne nous arrêtera pas. Nous allons continuer à faire pression parce que la vie de plusieurs personnes, dont des enfants, qui habitent Sable-Noir, est menacée. Nous ne voulons pas revivre les inondations. Élections ou pas, il faut au plus vite détruire ce ponton et en construire un autre plus large”, disent-ils.