Respectivement président de l’Association mauricienne de volley-ball (AMVB) et entraîneur de la sélection féminine, Bharun Teeroovengadum et Lindsay Wilson n’ont pu cacher leur stupéfaction et leur déception à leur arrivée au gymnase Pandit-Sahadeo à Vacoas hier soir. Sur les quinze joueuses appelées pour la première séance d’entraînement de la présélection nationale, rien que sept avaient répondu à l’appel. D’où un sévère rappel à l’ordre de Bharun Teeroovengadum et une mise au point non moins cinglante de Lindsay Wilson. Autant dire que les volleyeuses ont été mises devant leurs responsabilités.
Dans un premier temps, seules Vanessa Chellumben, Felicia Julie, Stacy Armoogum, Liza Bonne, Ketisia Jouana et Joanita Latour s’étaient retrouvées dans les gradins. Elles étaient rejointes bien plus tard par Alison Labour. Face à ces joueuses, le président de l’AMVB a été très clair dans ses propos. « La priorité demeure la sélection nationale. Sur ce point, je serai intransigeant. Si une joueuse refuse de se présenter aux séances d’entraînement de la présélection sans raison valable, nous lui ôterons sa licence. Elle ne pourra plus évoluer, car le fait d’accorder priorité à son club aux dépens de la sélection constitue un affront et un acte d’antipatriotisme ». Dans la foulée, il a évoqué l’institution d’une commission de discipline qui prendrait des sanctions à l’encontre de ceux qui ne cessent d’émettre des critiques à l’égard de la fédération et des présélections, notamment à travers les réseaux sociaux.
Alors qu’il s’est réjoui de la motivation démontrée au sein de la présélection masculine lors de la séance d’entraînement de mardi dernier, Bharun Teeroovengadum a cette fois évoqué sa déception face au désistement d’un nombre conséquent de volleyeuses. « Est-ce de cette façon que nous pourrons viser la médaille d’or aux Jeux des îles ? » s’est-il demandé. De ce fait, il a souligné que les présélectionnées auront à signer un contrat avec la fédération et que des séances de discussions se dérouleront chaque mois. Tout en avançant qu’un minimum de confort sera accordé aux joueuses, il a affirmé que tous les atouts seront accordés à la présélection, notamment la venue prochaine d’un directeur technique national, l’éventuelle présence de Fayzal Bundhun en tant que directeur technique et celle de statisticiens, de même que des rencontres face à la sélection seychelloise qui effectuera un camp d’entraînement à Maurice à partir de la semaine prochaine.
De son côté, Lindsay Wilson a de nouveau tenu à faire taire ses détracteurs. « Depuis 1998, des problèmes ont surgi au niveau de la sélection féminine. Certains veulent nous mettre les bâtons dans les roues. Cette clique d’entraîneurs qui veut s’assurer du monopole du volley-ball féminin nous met une pression inutile et cherche à semer le trouble. Toutefois, personne ne me fera changer mes idées et ma politique, car j’ai misé sur une équipe de jeunes ». L’entraîneur de la sélection féminine a également souligné qu’il n’a jamais demandé à accéder à ce poste, qu’il n’y est pas attaché et que personne en dehors des dirigeants de la fédération ne pourra le forcer à prendre la porte de sortie. Reste que Lindsay Wilson aura du pain sur la planche pour constituer une équipe compétitive, du fait que Lucy Latour et Géraldine Verrière ont décidé de prendre leurs distances de la compétition, que Joanne Latour sera indisponible pendant les prochains mois et que la relève ne court pas les rues.