Certains parlent de maléfice ou de malédiction. Il n’en demeure pas moins que la traversée du désert des représentants mauriciens à la Coupe des clubs champions de la zone 7 de volley-ball demeure des plus inquiétantes. Les équipes championnes et vice-championnes présentes dans la Grande île tout au long de la semaine dernière se sont de nouveau cassé les dents. Le chemin de croix prendra-t-il fin en novembre de l’année prochaine sur le sol mauricien ?
Du côté féminin, le Curepipe Starlight et Azur SC n’ont pu que se battre pour la cinquième place au classement final. Les deux formations n’ayant au préalable obtenu qu’un seul succès lors de la phase qualificative. La performance des Tranquebar Black Rangers, finalistes malheureuses des trois dernières éditions, n’a donc pu se rééditer. Pis, il faudra remonter à 1996 pour assister au sacre d’une équipe mauricienne, à savoir l’Union de Curepipe, dans cette compétition.
L’entraîneur de cette formation à l’époque et aujourd’hui responsable de l’Union Sportive Beau Bassin Rose-Hill, Mario Lepois, apporte l’analyse suivante : « Afin de préparer cette compétition, nous avions un volume de travail conséquent, soit six à sept séances par semaine. Avec cette régularité et cette vision, nous pouvions récolter les fruits de nos efforts et nous avions même atteint les demi-finales de la Coupe d’Afrique des clubs champions. » Il soutient également que le Centre national de formation, alors dirigé par Christian Marty, avait également apporté les résultats escomptés. « Nous avions alors une base solide et il existait moins de disparité entre les différentes équipes », soutient Mario Lepois.
D’ailleurs, il n’est guère étonnant de voir les Réunionnaises de Saint-Denis Olympique dominer outrageusement cette présente compétition. Aucun set concédé, même face à une formation malgache de Stef Auto tenante du titre, et la moitié des récompenses individuelles obtenue : le travail de formation avec notamment le Pôle Espoirs a payé. Comment ne pas évoquer dans la foulée le problème d’effectif au sein des équipes mauriciennes, conséquence de la fermeture du Centre national de formation.
Azur SC, qui aborde la compétition avec une seule véritable passeuse qui, malheureusement, se blesse dès la rencontre d’ouverture, et tous ses espoirs qui s’écroulent. « À mon avis, les compétitions se sont achevées aux portes du coup d’envoi de la CCCZ7. Les joueuses n’avaient plus rien dans les jambes et étaient au bout du rouleau avant le coup d’envoi de cette compétition internationale », avance de son côté Guito Lepoigneur. Toutefois, l’entraîneur d’Azur SC pense à plus long terme. « En vue des Jeux des îles de 2015, il nous faudra vite nous ressaisir. Si nous ne prenons pas rapidement le taureau par les cornes, nous continuerons à jouer les seconds rôles. »
Chez les hommes, le Faucon Flacq Camp Ithier VBC avait tous les atouts pour forcer le destin en sa faveur. Un effectif de qualité renforcé par deux guest-players, de surcroît des internationaux, et voilà que la consécration n’est de nouveau pas au rendez-vous pour la troisième fois consécutive. Gilbert Alfred, seul rescapé d’une équipe de la Fire Brigade (dernier vainqueur mauricien de cette compétition en 1999) et aujourd’hui capitaine de l’équipe de l’Est, avoue son incompréhension. « Sincèrement, je ne trouve pas d’explication à cette nouvelle défaite en finale. Cette fois, nous étions mûrs pour décrocher ce titre. Nous menions nettement aux premiers et troisième sets, mais nous sommes finalement battus. Sans doute, nous étions trop excités. » Cette mauvaise gestion d’une finale contraste sans doute avec l’esprit de conquérant dont avait preuve la Fire Brigade portée par tout un public au gymanse du Quorum treize ans de cela.
Aujourd’hui, il existe encore des regrets. Comme ceux exprimés par Nassrullah Loolmahamode, entraîneur du Rivière-du-Rempart Star Knitwear VBC, dont le parcours s’est achevé en demi-finales. « Nous avons tout donné et je n’ai rien à reprocher à mes joueurs. Toutefois, Bruno Anne était encore sous perfusion deux heures avant le coup d’envoi de la demi-finale. De plus, nous n’avons pas été aidés par certains clubs mauriciens qui nous ont refusé des guest-players. » De nouveau, ce problème d’effectif qui refait surface, l’équipe de Rivière-du-Rempart ne comprenant en son sein que huit joueurs.
Les temps sont donc sombres pour le volley-ball mauricien, qui n’a pas obtenu de podium lors des deux dernières éditions des Jeux des îles et qui court désespérément après une consécration aux Jeux de la CJSOI depuis une bonne dizaine d’années. Il reste à souhaiter que la nouvelle équipe dirigeante, qui entrera en scène dans quelques jours, apportera un nouvel élan et une nouvelle vision à une discipline qui se déroule devant des gradins clairsemés et qui coule graduellement à pic.