Fait paradoxal : le volley-ball féminin de Maurice n’a connu qu’une consécration aux Jeux des îles, alors qu’il s’est retrouvé sur le podium africain en deux occasions. Cette consécration avait été acquise lors de la quatrième édition aux Seychelles en 1993, et les Mauriciennes ont également disputé et perdu trois finales, soit celles de 1979, 1985 et 1990. Après la troisième place obtenue lors de la dernière édition, après le retrait de la sélection réunionnaise, suite à l’affaire Myriam Kloster, la présente sélection pourra-t-elle se transcender devant son public au gymnase Pandit-Sahadeo à Vacoas ?

Un stage d’une dizaine de jours au Centre de haut niveau de la fédération internationale en Thaïlande et la présence actuelle de sparring-partners européens auront été les temps forts de la préparation de la sélection féminine. Une sélection qui a perdu quelques éléments en cours de route, dont Géraldine Élysée et Melody Mootoosamy, mais qui s’annonce tout de même homogène. D’autant que dans ses rangs se trouvent des joueuses du Quatre Bornes VBC, à l’instar de la capitaine Vanessa Chellumben, d’Alison Labour, Valentine Paul et Rachel Étienet, qui se sont distinguées en deux occasions au championnat des clubs de la zone 7 aux Seychelles l’année dernière et à Madagascar en février dernier.

Ce groupe, placé sous la férule du tandem Zoran Kovacic-Martine Bistoquet, s’est renforcé depuis mai avec la venue de quatre éléments de Rodrigues. Ann-Jelissa Perrine, Manuella Cupidon, Ann-Kerbie Perrine et Kerry-Ann Pierre-Louis se sont vite adaptées et certaines d’entre elles peuvent aspirer à se retrouver dans le six initial. Le stage en Thaïlande s’étant révélé positif, les actuels test-matches face aux joueuses européennes ont permis d’effectuer les derniers réglages. « Avec de telles confrontations face à des joueuses d’expérience, nous avons l’occasion d’apprendre et de corriger nos lacunes.

Au fil des matches, la sélection trouve son rythme et les joueuses se trouvent être plus concentrées et percutantes », analyse Martine Bistoquet. Cette dernière reconnaît toutefois que le choix final a été loin d’être une mince affaire, vu que les joueuses se tenaient près les unes des autres. Au bout du compte, Stacy Armoogum a été placée sur la liste des réserves.

Expérience et enthousiasme

Tout comme la sélection masculine, les volleyeuses n’ont retrouvé le gymnase de Vacoas que très récemment. Elles ont également dû naviguer entre le gymnase Palmerstone, et ceux de Trou aux Certs et de l’université de Maurice. Il n’empêche qu’elles ont su faire contre mauvaise fortune bon cœur, étant conscientes de l’enjeu. « Les séances sont assez dures, mais il s’agira surtout d’être prêtes pour les Jeux », nous avait d’ailleurs avoué Martine Bistoquet, alors que le compte à rebours des 100 jours des Jeux avait été enclenché. On misera donc sur l’expérience des Vanessa Chellumben, Aurélie Mohungoo-Bouti, Rachel Christine, Valentine Paul, Alison Labour et de Lucy Latour qui ont déjà vécu ces Jeux sur le sol étranger, et l’enthousiasme des autres éléments qui en seront à leur baptême du feu. Un amalgame capable de mener la sélection à bon port.

Reste que Maurice devra s’extirper dans un premier temps de la phase de poule, avec Madagascar comme adversaire coriace. La sélection de la Grande île, toujours aux premières loges lors de tels rendez-vous, s’appuiera surtout sur le potentiel de Melissa et Rose de Lima, qui évoluent dans le championnat seychellois. Si Mayotte ne devrait pas faire le poids, la lutte pour la première place de ce groupe A s’annonce épique entre Maurice et Madagascar qui livreront ainsi un duel décisif dimanche prochain. Ce sera ainsi l’occasion d’éviter en demi-finales les Seychelles, tenantes du titre.

Les joueuses de la sélection nationale ici à
l’entraînement au gymnase Pandit Sahadeo

Toutefois, l’équipe de l’archipel semble avoir perdu de son lustre, surtout avec la suspension de Jerrina Bonne et de sa fille, Marielle. Pour preuve, les Seychelloises ont été dominées sur leur sol par les Réunionnaises au cours de test-matches tenus récemment. Qui plus est, l’équipe de l’île sœur sera avide de revanche, après l’épisode Kloster qui avait fait couler beaucoup d’encre. La tâche s’annonce donc délicate pour les Mauriciennes, mais il s’agira d’y croire jusqu’au bout.

La sélection
Joueuses : Vanessa Chellumben (capitaine et passeuse), Ann-Jelissa Perrine (passeuse), Alexei Elmire (réceptionneuse-attaquante), Alison Labour (pointue), Valentine Paul (contreuse), Rachel Christine (libero), Rachel Étienet (contreuse), Aurélie Mohungoo-Bouti (réceptionneuse-attaquante), Kerry Ann Pierre-Louis (contreuse), Lucy Latour (réceptionneuse-attaquante), Manuella Cupidon (réceptionneuse-attaquante) et Ann-Kerbie Perrine (pointue).
Directeur technique national : Zoran Kovacic
Entraîneur : Martine Bistoquet
Team-manager : Schella Merit