Le syndicaliste Ashok Subron estime que le ministre des Finances, Renganaden Padayachy, est en train de mettre en péril la survie de l’État mauricien, avec cette initiative de payer à 100% le salaire dans le privé. Cela fait suite à sa première protestation du mois dernier. Ashok Subron, qui avait déjà posé des questions sur ce qu’il adviendra des 400 000 employés du secteur privé ce mois-ci, ne comprend pas comment l’État peut subventionner les salaires jusqu’à Rs 25 000. Ce qui signifie une subvention à 100% dans un grand nombre de cas.

« Est-ce qu’on va me faire croire que toutes ces grosses entreprises qui ont amassé des fortunes pendant des années, n’ont pas l’argent nécessaire pour donner un mois de salaire à leurs employés. C’est très grave d’utiliser ainsi l’argent provenant des fonds publics pour subsidier le salaire du privé, » s’insurge- t-il. Il estime que cette décision du ministre des Finances, Renganaden Padayachy vient « permettre aux patrons de mettre en péril la survie de l’État mauricien. Il s’agit quand même de Rs 4,5 milliards qui seront puisés des fonds publics pour cela. Selon moi, on aurait dû faire la différence entre les grandes entreprises et les petites, et aider celles qui sont vraiment dans le besoin. »

De même, Ashok Subron dit ne pas saisir comment le gouvernement peut se permettre de débourser Rs 25 000 pour les salariés du privé et ne prévoit que Rs 2 250 pour ceux du secteur informel. « On a fait des concessions mirobolantes aux gros bonnets du secteur privé, alors que beaucoup d’entreprises ont travaillé pendant le confinement. En revanche, on donne une allocation de misère aux self-employed. C’est un manque de respect total envers les travailleurs, » ajoute-t-il. Le syndicaliste met en garde contre les éventuelles atteintes aux droits des travailleurs à l’avenir.

« Le discours et la direction prise par Renganaden Padayachy laissent croire qu’il y aura des attaques contre les droits des travailleurs devant. J’ai aussi entendu l’Attorney General parler d’une nouvelle loi en préparation. Je suis contre le fait de voter une loi quelconque alors que le pays est toujours sous couvre-feu sanitaire, » s’indigne-t-il. Ashok Subron ajoute que si le parlement doit siéger, cela doit se faire pour permettre aux députés de poser des questions, mais pas pour voter des lois.

« Sous le couvre-feu sanitaire, il n’y a pas de consultations ni de manifestations possibles. Les droits des citoyens doivent être rétablis, » conclut-il.