Le vice-Premier ministre et ministre de l’Énergie, Ivan Collendavelloo, a insisté, ce matin, au Domaine Les Pailles à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de l’Eau, que Maurice a besoin d’un programme de sensibilisation visant la population par rapport à l’utilisation de cette ressource. « Ce n’est pas juste une question de gaspillage de l’eau, mais il ne faut pas la maltraiter, c’est un bon produit », a-t-il déclaré. « Nous ne pouvons plus en avoir pour longtemps, elle partira vers la mer. Donc, utilisons-la à bon escient. »
S’adressant aux collégiens présents à cette activité, le ministre a dit que « vous représentez le futur et si nous ne nous occupons pas du problème d’eau adéquatement, comment allez-vous vous occuper de vos enfants et de vos petits-enfants? ? » D’où l’importance, selon lui, de cette journée mondiale de l’Eau. « À Maurice, vous êtes habitués à voir l’eau couler de votre robinet, et lorsqu’elle ne coule pas pendant deux heures, vous êtes frustrés. Mais, imaginez un enfant somalien qui n’a jamais vu l’eau du robinet, un enfant kenyan qui doit marcher des kilomètres pour chercher de l’eau dans un puits. Imaginez cette souffrance », a lancé le ministre, avant de rappeler qu’à Maurice aussi « nous n’étions pas tout le temps confortable avec la fourniture de l’eau. » « Il y avait des jours où les femmes devaient marcher jusqu’aux fontaines publiques pour avoir de l’eau, les enfants les aidant », a-t-il dit. « Nous étions chanceux si dans un village il y avait plus d’une fontaine publique », a ajouté Ivan Collendavelloo. Il a indiqué que la fourniture d’eau potable directement à la maison n’existait pas à Maurice avant 1982. « C’est lorsque Sir Anerood Jugnauth est arrivé au pouvoir qu’il a fait de la fourniture d’eau une priorité pour tous les villages du pays », a-t-il déclaré. Un objectif qu’il a atteint en quelques années.
Dans le monde, dit le ministre, l’eau a été à la base d’émeutes. « Nous en avons été témoins et nous devons être prudents. » Plusieurs guerres se sont tenues à cause de la fourniture d’eau, entre autres : la guerre des six jours entre Israël et le monde arabe en 1967, en Irak sous Saddam Hussein dans les années 90 et aussi de graves incidents entre la Malaisie et Singapour, ce dernier souffrant d’un manque d’eau.
Le ministre a insisté que l’eau n’est pas seulement un droit humain, mais aussi un outil de développement économique et industriel. « Comment nos industries vont-elles on fonctionner sans eau? ? Il n’y a pas d’excuse, il faut une fourniture adéquate d’eau dans le pays », a-t-il fait ressortir, avant d’évoquer le mauvais état du réseau de distribution de la Central Water Authority (CWA), un organisme qui, selon lui, « faillit à sa tâche. » « La CWA semble avoir renoncé à sa tâche, nous ne devons jamais faire cela, nous devons toujours penser à atteindre nos objectifs. Nous devons descendre sur le terrain et ne pas nous fier aux inspecteurs », a-t-il lancé à l’adresse de cet organisme. Ivan Collendavelloo s’en est également pris aux experts étrangers qui sont venus à Maurice dans le passé pour trouver des « solutions à notre problème d’eau, mais qui n’ont aucun intérêt pour le pays. » D’où sa requête aux collégiens de rentrer au pays après leurs études à l’étranger. « Vous serez bien traités », leur a-t-il promis.