Le groupe réunionnais Ziskakan a présenté son tout dernier album aux amateurs locaux. Ils ont pu apprécier en live les morceaux de 32 desanm au cours d’un sympathique concert.
Ziskakan, dans l’amphithéâtre de l’IFM, a laissé parler l’électricité. À l’entame du concert du samedi 30 mars ont retenti les morceaux énergiques et éponymes des précédents albums Madagascar et Banjara. Or 32 desanm est largement acoustique et laisse de l’espace aux images et aux mots sur lesquels vient se greffer la musique du groupe réunionnais. Les rythmes du maloya se mélangent aux résonances indiennes ou orientales. C’est cependant avec un séga que le public présent goûte le premier morceau de 32 desanm. C’est une jolie et entraînante mélodie qui invite à danser, mais les paroles de Silans sont lourdes de sens. Car sous des allures festives est écrite en filigrane une subtile histoire d’inceste.
La musique comprend de jolis arrangements. Elle contribue ainsi aux images que dessinent les paroles du chanteur. Gilbert Pounia tient à ce que les images soient belles. La sonorité tend alors vers un mode acoustique avec kayamb et cajon. Aou fanm exhale une influence jazzy mêlée de sonorités insulaires. Une musique métissée aux accents d’épices.
Intercalé entre les nouveaux morceaux, les titres emblématiques et toujours aussi efficaces du groupe. Mo pei bato fou et Ral si ton koukoune ont suscité un enthousiasme certain auprès des fans. Les images suscitées par Ziskakan amènent dans des atmosphères différentes, selon que l’on se laisse gagner par la musique, ou que l’on garde les pieds bien sur Terre. Le dépouillement de Sirandane pou troi zakor invite au voyage, à la rêverie, dans l’univers Ziskakan. Une sensation de joyeuse caravane, renforcée par le titre 32 desanm. Saaraang s’inscrit aussi dans le registre d’une gaîté plein d’espoir.
Ceux présents au concert donné à l’IFM auront aussi entendu le chanteur de Ziskakan interpréter une chanson en français (Madam). Notons que Gilbert Pounia avait à ses côtés sa fille, Maya, ainsi que les musiciens Daniel Riesser (guitare), Frédéric Riesser (percussions), Jérémie Lapra (basse) et Gérard Paramé (batterie).