Susan Laurance et ses collaborateurs viennent de publier dans la revue internationale Biological Conservation les résultats d’une étude sur la quasi-totalité des zones humides côtières mauriciennes (toutes celles de moins de 30 ha). Cette chercheuse en poste au Centre for Tropical Environmental and Sustainability Science (TESS – James Cook University, Australie) et ses collègues pointent notamment du doigt les nécessaires compromis qui devraient être faits entre la pression démographique et la préservation des zones humides, aussi vitales pour notre écosystème que pour la tranquillité des riverains qu’elles protègent entre autres des inondations… 
« Drivers of wetlands disturbance and biodiversity impacts on a tropical oceanic island », tel que s’intitule cet article, est un concentré d’informations sur les atteintes portées aux marais mauriciens, leur niveau de dégradation et quelques remèdes possibles. Les quinquagénaires se souviennent volontiers de l’époque où ils allaient cueillir des “voun” dans les marécages de Flic-en-Flac, où les cerfs venaient se désaltérer… Ils étaient enfants, et la baignade dans le lagon pouvait aussi s’accompagner d’un petit tour en coulisse… de cache-cache et d’explorations à la découverte des insectes, batraciens, escargots et autres petits poissons qui prospéraient dans les mares, entre les joncs ici et là.
Flic-en-Flac est un des grands exemples d’urbanisme côtier anarchique, qui a simultanément engendré la disparition quasi-totale des zones humides (parfois partiellement remplacés par des bassins artificiels de rétention d’eau), des affaissements de terrains deci delà – parfois avec la maison construite dessus – et des eaux de ruissellement qui dévalent les pentes et charrient directement dans le lagon les engrais, les boues et autres substances qui troublent la mer, et contribuent à tuer les coraux et appauvrir le système lagunaire.
Cette vision catastrophiste n’est pas sans remède, du moins dans les régions littorales où subsistent encore des zones humides. On s’en rend compte de plus en plus à Maurice, ces écosystèmes uniques jouent un rôle crucial dans l’équilibre écologique lagunaire et côtier.