Le Central CID compte solliciter l’aide d’Interpol après l’arraisonnement, le 10 janvier, d’un bateau fantôme avec neuf clandestins à 160 milles nautiques au large d’Agalega. Les enquêteurs souhaitent confirmer la nationalité des suspects – qui affirment être des Iraniens alors qu’ils ne disposent d’aucune pièce justificative. En l’absence d’une ambassade iranienne à Maurice, les Casernes centrales ont contacté le ministère des Affaires étrangères pour initier des démarches en ce sens au niveau diplomatique.
Entre-temps, la communication avec les clandestins est difficile, d’autant plus qu’ils sont en quarantaine dans les locaux de la National Coast Guard (NCG) de Le Chaland après que quatre d’entre eux ont été testés positifs à la Covid-19. Des policiers qui étaient en contact avec ces étrangers sont, en auto-isolation. Ainsi, leur interrogatoire a été repoussé pour au moins deux semaines.
L’ASP Roshan Kokil du Central CID a été appelé à assurer la supervision de cette enquête. C’est le deuxième dossier maritime d’importance dont il s’occupe après celui du naufrage du Wakashio le 25 juillet 2020. Les limiers veulent savoir auprès d’Interpol si ces neuf clandestins sont fichés. Leurs photos seront envoyées à Interpol Afrique de même qu’un échantillon de leur ADN respectif.
Les Casernes centrales soupçonnent qu’ils ont affaire à des contrebandiers ou même des passeurs de drogue. Ils se basent sur des informations que ce bateau en bois affichant ni nom ou de pavillon, serait utilisé pour faciliter le transport de drogue de certains pays d’Asie vers l’Afrique.
Leur structure fait que ce genre d’embarcation n’est pas facile à détecter sur les radars. Sans compter qu’à bord, la police est tombée sur un système de navigation moderne comme un Automatic Identification System (AIS), un GPS, un V/UHF radio, un téléphone satellitaire et des téléphones portables.
Les soupçons du CCID sur le transport d’une cargaison de drogue à bord sont évoqués car la cale du bateau était presque vide et de la peinture fraîche appliquée a été confirmée. Ce serait une manière pour des transporteurs de drogue d’effacer les particules de stupéfiants qui ont pu rester. La Scene of Crime Office (Soco) et le Forensic Science Laboratory (FSL) auront la lourde tâche de détecter la présence d’une quelconque substance à bord, aussi infime soit-elle.
Entre-temps, les neuf clandestins clament qu’ils étaient à la recherche d’un bateau et de son équipage disparu. Comme ils s’expriment en arabe, la police a fait appel à un interprète. D’autant plus que quelques papiers retrouvés à bord sont écrits dans cette langue. Sauf une carte de vaccination contre la Covid qui a été tirée par le Sindh Health Department du Pakistan. La police ignore si c’est un document original. Le bateau est toujours au Quai D sous la surveillance de la NCG. En attendant l’interrogatoire des Iraniens, le CCID va tenter d’extraire des informations des appareils de navigation

