La PHQ Special Striking Team (SST) reste sur ses gardes contre toute fuite d’information sensible après l’arrestation de l’ex-entraîneur de Muay-Thaï, Vimen Sabapathee, âgé de 40 ans. Et pour cause : l’équipe de l’ASP Ashik Jagai a appris qu’il serait proche de certains policiers, dont un chef inspecteur, qui aurait tenté de prendre contact avec lui dans l’après-midi de mercredi. Ce qui n’étonne en revanche pas l’entourage du suspect, qui estime que ce dernier opérant au sein d’une compagnie de sécurité, « il est normal qu’il entretienne des relations avec des policiers dans le cadre de son travail ».
De leur côté, les enquêteurs sont d’avis que le cellulaire du suspect pourrait contenir des informations susceptibles de faire la lumière sur des zones d’ombre dans l’enquête. À ce stade, le principal intéressé n’a pas encore consigné sa version, car certaines procédures sont toujours en cours.
Outre les contacts du suspect, la SST s’intéresse aussi à ses fréquentations. D’où la descente policière d’hier au Holy Ranch de Trois-Mamelles, et que Vimen Sabapathee fréquentait, ayant en effet l’habitude, selon la police, de donner un coup de main à un ami au niveau de la gestion.
Le Holy Ranch est un lieu de loisirs proposant une série d’activités de détente. Depuis l’année dernière, le domaine aurait cependant changé de propriétaire. Les enquêteurs voulant tirer au clair cette affaire, ils comptent se tourner vers le Registrar of Companies pour des vérifications. En attendant, la SST a entrepris une perquisition de lieux à la recherche de tout indice suspect. En vain. Idem lors d’une fouille effectuée la veille chez l’agent de sécurité à Glen Park, Vacoas, ainsi que dans un poulailler de La-Marie, où rien de suspect n’a également été retrouvé.
Les enquêteurs comptent mener le même exercice dans d’autres lieux fréquentés par Vimen Sabapathee. Quant à la Ford Raptor du suspect, la police dit détenir des informations à l’effet que le suspect aurait acquis le véhicule auprès d’un proche de l’ex-propriétaire du domaine. Un endroit qui intéresse d’autant plus particulièrement la SST que, dans le passé, certains policiers proches du quadragénaire fréquentaient.
Un peu plus tôt dans la matinée d’hier, le suspect a pu s’entretenir avec Me Siddhartha Hawoldar, à qui il a dit être totalement innocent. D’un commun accord, le suspect et son avocat ont décidé de laisser la police boucler les procédures habituelles avant de lui permettre d’entamer l’exercice d’interrogatoire.
À cet effet, la SST n’a pas encore remis le dossier au Central CID ou à l’ADSU et que Vimen Sabapathee devait donner incessamment un échantillon de son ADN ainsi que ses empreintes digitales. Il a comparu devant le tribunal de Port-Louis, où une accusation provisoire de trafic de drogue a été logée contre lui. La police a objecté à sa remise en liberté conditionnelle et le suspect demeure donc en détention préventive.
Parallèlement, la SST est toujours dans l’attente des résultats du Forensic Science Laboratory (FSL) concernant les 10 kilos de substances saisis dans la Ford Raptor de Vimen Sabapathee. Les enquêteurs soupçonnent fortement qu’il s’agisse d’héroïne, et dont la valeur marchande serait donc de Rs 150 millions.

