Le ministre de l’Intégration sociale, Ashok Subron, a ouvert les débats budgétaires d’hier en revenant longuement sur la controverse entourant la réforme des pensions et le gel du Means Test, annoncé par le Premier ministre lundi. Pour lui, les événements des derniers jours illustrent l’émergence d’une nouvelle forme de gouvernance où les citoyens jouent désormais un rôle actif dans l’élaboration des politiques publiques.
« Citizens are no longer passive observers; they have become active participants in our democracy and co-makers of public policy », a-t-il déclaré, estimant que les débats suscités par la réforme démontrent que les approches traditionnelles et verticales du pouvoir sont désormais remises en question.
Le ministre a salué la décision du Premier ministre, Navin Ramgoolam, de suspendre le mécanisme de ciblage des pensions. D’après lui, « the voices of our citizens were heard » et cette décision témoigne d’un leadership fondé sur le dialogue. Il a même affirmé que « only truly great leaders possess such courage and wisdom », ajoutant que d’autres dirigeants auraient pu « turn into dictators by simply and squarely banning dissent ».
Ashok Subron a, cependant, émis une critique du processus ayant conduit à la présentation de la réforme du système de pension, déclarant que « reforms of this magnitude, I believe, cannot and should not be buried within national budgetary processes ». Il estime qu’une telle réforme ne peut être menée dans le cadre d’un exercice budgétaire soumis aux contraintes du secret fiscal. Le ministre a également expliqué à la chambre que lui-même avait découvert certains éléments de la réforme au moment de sa présentation : « Do we realize what it means structurally for a Minister who is constitutionally appointed and legally entrusted with the responsibility of the National Pension Fund (NPF), to suddenly learn that the NPF will be transformed into a National Pension Provident Fund? Or as the legally entrusted administrator of the Portable Retirement Gratuity Fund (PRGF) and the National Savings Fund (NSF) to simply be informed of their sudden dissolution? », a laissé entendre le ministre de la Solidarité nationale. « It is my absolute democratic duty to raise these fundamental systemic issues », a-t-il ajouté, comme un message relevant tant de l’implicite que de l’explicite à qui de droit.
Maintenant que le Means Testing a été gelé, Ashok Subron avance que le pays doit ouvrir un vaste débat national sur l’avenir du système de retraite. Selon lui, plusieurs questions fondamentales restent sans réponse : faut-il intégrer le Portable Retirement Gratuity Fund et éventuellement le National Savings Fund dans un nouveau NPF réformé ? Ce futur fonds devra-t-il être obligatoire pour tous les employeurs ? Les avantages du système contributif actuel seront-ils maintenus ? Le ministre considère que le gel de la réforme a permis de mettre ces enjeux au grand jour et d’ouvrir un espace de discussion impliquant syndicats, ONG, associations de retraités et jeunes. « We must now collectively answer critical questions », a-t-il affirmé.
Au-delà du dossier brûlant des pensions, Ashok Subron a également dressé le bilan de son ministère. Il a notamment souligné les progrès réalisés dans la modernisation du système de sécurité sociale, tout en faisant ressortir avoir mis fin à des années d’Administrative Inertia. Le projet de digitalisation des pensions et prestations sociales est désormais en cours, avec déjà plus de 550 000 pages de documents numérisées, dans l’objectif de rendre les services plus rapides et plus accessibles aux bénéficiaires.

