Échiquier politique | En prévision du budget – Bérenger réclame en priorité de soulager les ménages

 

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L’ex-DPM : « La marge de manœuvre budgétaire du gouvernement est plus grande comparée à l’année dernière »

À quelques semaines de la présentation du budget 2026-27, le leader du Fron Militan Progresis (FMP), Paul Bérenger, entouré de Joanna Bérenger et Chetan Baboolall, a rencontré la presse hier au Hennessy Park Hôtel afin d’exposer ce qu’il considère comme les priorités à inscrire à l’agenda gouvernemental.
D’emblée, Paul Bérenger a replacé le contexte dans lequel le précédent budget avait été préparé, évoquant l’héritage laissé par l’ancien régime de Pravind Jugnauth, avec Renganaden Padayachy comme Grand Argentier. Il a qualifié les dix années de pouvoir du MSM de « véritable crime contre l’économie mauricienne », affirmant : « zot finn detrak lekonomi », tout en faisant ressortir les risques encourus pour l’avenir du pays, notamment celui des jeunes.
Face à cet héritage, le nouveau gouvernement de l’Alliance du Changement a dû, selon lui, prendre en considération la menace de dégradation de la note souveraine par les agences telles que Moody’s et le Fonds Monétaire International. Il a ainsi fait état du caractère particulièrement difficile du budget précédent, auquel il avait participé en tant que membre du gouvernement.
Un an plus tard, estime-t-il, la situation a évolué sur la base des dernières évaluations publiées le 4 mai par Moody’s et le FMI. Citant Moody’s, selon laquelle « Mauritius is making its first tangible progress… », ainsi que le FMI qui évoque « the fiscal position is projected to significantly improve », Paul Bérenger considère que le pays est désormais sur une trajectoire positive, en raison notamment des mesures difficiles prises lors du dernier budget.
Dans ce contexte, l’ancien Deputy Prime Minister estime que l’amélioration de la situation implique que « la marge de manœuvre budgétaire du gouvernement est plus grande comparée à l’année dernière. » Selon lui, cela ouvre la voie à des actions que le gouvernement ne pouvait pas entreprendre auparavant, mais qu’il peut désormais engager ou amorcer.
Pour Paul Bérenger, le principal problème auquel fait face la population reste la hausse du coût de la vie. « Ena ogmantasion pri partou, dan bazar, dan sipermarse… », a-t-il déclaré, estimant que la priorité du prochain budget doit être d’alléger la pression de l’inflation sur les ménages.
Toutefois, il s’est appesanti sur le fait que « l’heure est grave ». Il a notamment évoqué le secteur de l’électricité. Tout en concédant que le ministre Patrick Assirvaden « pe fer bien », il estime que la situation demeure préoccupante et que le pays n’est pas à l’abri de Rolling Black Out. « Le danger est réel », a-t-il ajouté, appelant à ce que le prochain budget intègre pleinement cette menace.
Une autre priorité évoquée est le port. Selon lui, il existe un manque de compréhension, au sein du gouvernement actuel, de l’importance stratégique du port pour l’économie nationale. Il estime que la situation comporte des risques. Il appréhende un grand danger, car de la façon de faire du gouvernement « kouma pou Air Mauritius, pe perdi letan alors qu’il y a urgence » notamment dans un contexte de concurrence régionale, citant Madagascar. S’il considère le projet d’Island Container Terminal comme un projet d’avenir, il maintient qu’il s’agit d’une perspective à 10-15 ans, nécessitant des investissements de plusieurs milliards.
Paul Bérenger préconise qu’à court terme il faut garantir le bon fonctionnement de la Cargo Handling Corporation et rechercher des partenariats avec les deux plus grandes compagnies du secteur.
Quatrième point jugé essentiel : l’impact de l’intelligence artificielle sur l’emploi. Il a évoqué le fait que certains pays envisagent des mécanismes de compensation, notamment via la création d’un Sovereign Fund destiné à amortir les pertes d’emplois dans certains secteurs. Selon lui, il est temps que ce débat soit engagé à Maurice dès ce budget.
Paul Bérenger est également revenu sur les travaux du comité d’experts chargé de la réforme des pensions. Tout en souhaitant la publication rapide des conclusions, il estime qu’il faut d’ores et déjà prévoir une provision budgétaire pour leur mise en œuvre.
Il est revenu sur la mise en place, dans le précédent budget, de l’Income Support Scheme destiné aux personnes âgées de 60 à 65 ans, dont les revenus ne dépassent pas Rs 10 000 mensuellement. « C’était un commencement, et il était entendu qu’il s’agissait d’une mesure temporaire en attendant les conclusions du comité d’experts », fait-il comprendre.
Il est d’avis que le prochain budget doit prévoir les moyens nécessaires pour la mise en application de ce recommandations, avec l’objectif d’améliorer le dispositif existant. Il plaide également pour l’émergence d’un National Pensions Fund (NPF) restructuré et renforcé.

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NaCA : « Pa ti satisfer-mwa ditou »

Répondant aux questions de la presse, Paul Bérenger a mis l’accent sur la nécessité de donner la priorité au Law & Order et au renforcement des forces policières, qu’il estime avoir été déséquilibrées sous l’ancien régime. Selon lui, « ti kapav ek bizin fer plis pou efas sa leritaz de dizan MSM o pouvwar. » Concernant la National Crime Agency évoquée par le Premier ministre au Parlement, il déclare, sans entrer dans les détails, avoir déjà consulté une version du projet lorsqu’il était au gouvernement. Cependant, dit-il, « li pa ti satisfer-mwa ditou. Enn konfision de ro lek ankor plis de pouvwar au Premie minis.»
Tout en qualifiant l’héritage légué par le MSM de « catastrophique », le dirigeant du FMP souligne que près de deux ans se sont écoulés depuis l’arrivée du gouvernement actuel au pouvoir et « bizin aret ar sa nek dir MSM ki responsab. MSM inn fer sa… »

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