Un cadeau qui n’est jamais arrivé, des frais de dédouanement inventés et une succession de paiements qui s’est transformée en véritable spirale financière. Une chirurgienne-dentiste (38 ans) de Rose-Hill, affirme avoir été escroquée de Rs 360 500 dans une affaire de fraude particulièrement bien orchestrée.
Le scénario commence le 16 août sur Facebook. La victime a accepté une demande d’ami envoyée par un inconnu. Les conversations se poursuivent sur Messenger, puis sur WhatsApp sur un numéro étranger, où l’homme utilise un autre nom, Daniel William, et affirme vivre à Liverpool, en Angleterre.
Au fil des échanges, le prétendu correspondant lui annonce qu’il souhaite lui envoyer des cadeaux depuis le Royaume-Uni. Un cadeau qui allait finalement servir de prétexte à une escroquerie de plusieurs centaines de milliers de roupies.
Le 31 août, la victime a reçu un message WhatsApp provenant d’un numéro local. Son interlocuteur se présente comme le responsable d’une société de livraison. Il lui annonce que le colis est arrivé à Maurice, mais qu’il est bloqué et ne pourra être remis qu’après le règlement de plusieurs frais.
La mécanique de l’arnaque se met alors en marche. Une première somme de Rs 20 500 est réclamée au trentenaire pour de prétendus frais de dédouanement. Elle effectue le paiement via une application mobile sur le compte d’une banque commerciale locale. Quelque temps plus tard, une nouvelle exigence tombe avec Rs 90 000 pour de supposés « frais anti-blanchiment ». Là encore, la victime s’exécute et transfère l’argent sur le même compte.
Mais ce n’est pas terminé. Une troisième demande, cette fois de Rs 150 000, lui est adressée. Le paiement est effectué vers un deuxième compte bancaire de la même banque commerciale. En une seule journée, la victime vient ainsi de transférer Rs 260 500 à des tiers, convaincue qu’il s’agit de frais nécessaires pour récupérer un colis – qui n’existe pas.
Le lendemain, les escrocs reviennent à la charge. Ils lui réclament encore Rs 100 000. La victime ne se pose pas de question et effectue un nouveau transfert. La somme totale atteint alors Rs 360 500.
Mais les fraudeurs veulent davantage. Une nouvelle facture de Rs 250 000 supplémentaires tombe, cette fois présentées comme des taxes à régler avant la livraison du colis.
C’est là que la victime refuse de payer. Face à cette nouvelle demande, elle comprend qu’elle a été victime d’une escroquerie et alerte la police. Elle a rapporté le cas mardi et a, par ailleurs, autorisé les enquêteurs à accéder à son compte bancaire afin de permettre le suivi des transactions et les vérifications nécessaires.
L’enquête devra désormais remonter la piste de l’argent, identifier les véritables auteurs derrière les faux profils Facebook et WhatsApp et déterminer le rôle des titulaires des comptes bancaires sur lesquels les fonds ont été transférés.

