L’Anti Drug and Smuggling Unit (ADSU) est sur la piste de deux individus venus déposer un sac au domicile du mécanicien John Bert Philippe (29 ans) à Karo Kalyptis tôt lundi matin. Des policiers, qui assuraient la surveillance de cette maison depuis plusieurs jours, ont assisté à l’arrivée des deux hommes, avant d’en alerter aussitôt leur supérieur aux Casernes centrales. Ce développement avait confirmé les soupçons autour de la livraison d’une cargaison de drogue .
Un limier de l’ADSU de Port-Louis s’est immédiatement rendu dans la localité avec un mandat de perquisition. Mais à son arrivée, les deux livreurs étaient déjà partis. Les policiers se sont de fait concentrés sur la maison où se trouvait le sac. Ce qui ne s’est pas fait sans mal, les policiers devant en effet défoncer la porte d’entrée, car le propriétaire et deux autres occupants – le footballeur Jean Fabrice Augustin (28 ans) et Marie Shane Paul (22 ans) – ne voulaient pas ouvrir. Même si ces deux derniers nient toute implication dans quelconque trafic, l’ADSU s’interroge néanmoins sur leur présence à Karo Kalyptis tôt le matin, alors que le premier nommé réside à Riche-Terre et la seconde à Notre-Dame.
Lors de leurs premières auditions, ils ont plaidé qu’ils sont des proches de John Bert Philippe, ajoutant qu’ils ont l’habitude de lui rendre visite. Mais leurs explications n’ont pas convaincu les enquêteurs. D’autant que le footballeur a déjà été arrêté en 2020 pour une implication alléguée dans un meurtre lié à un réseau de drogue opérant à Karo Kalyptis.
Pour le moment, le mécanicien compte endosser seul toute la responsabilité dans cette affaire, ajoutant que les deux autres suspects ne savent rien en ce qui concerne le sac, et encore moins son contenu, à savoir Rs 77 millions de drogue. Dans ce cas, se demandent les enquêteurs, pourquoi ont-ils refusé d’ouvrir la porte à la police, pourtant munie d’un mandat de perquisition. De fait, ils accréditent la thèse que Marie Shane Paul et Jean Fabrice Augustin devaient connaître le contenu du sac.
La première séance d’interrogatoire, qui a débuté mercredi, était axée sur les détails personnels des suspects. La police compte beaucoup sur leurs relevés téléphoniques pour établir une éventuelle complicité. Aussi compte-t-elle solliciter une demande en Cour suprême pour l’obtention d’un Judge’s Order à cet effet.
Des éléments du Scene of Crime Office ont effectué des prélèvements sur les pièces à conviction pour des tests ADN.
L’enquête se poursuit.

