« Il est crucial pour le pays que nous nous débarrassons du gouvernement mafieux de Pravind Jugnauth »
L’alliance PTr-MMM-PMSD, en gestation depuis plusieurs mois, a franchi samedi une nouvelle étape avec l’annonce officielle des leaders des trois partis de la constitution de cette alliance en vue des prochaines élections générales. Déjà, l’organisation de deux congrès régionaux est prévue. Le premier aura lieu le 28 à Mare d’Albert concernant les circonscriptions No 11, 12 et 13 et le second pour les circonscriptions Nos 15, 16 17 à une date qui sera annoncée ultérieurement.
Navin Ramgoolam a placé cette nouvelle alliance dans un contexte historique. « Le 15 juillet 2023 entrera dans l’histoire politique du pays car pour la première fois le PTr, le MMM et le PMSD joignent leurs forces vu qu’il est crucial pour le pays que nous nous débarrassons du gouvernement mafieux de Pravind Jugnauth. Il faut que les Mauriciens regagnent leur liberté, et leur permettre de respirer », dit-il.
Il explique que les trois leaders se sont rencontrés à Riverwalk le 7 juillet pour mettre au point l’accord politique en ajoutant que « nous irons ensemble aux élections générales ». Il a fait mention de la réunion tenue la semaine dernière entre les leaders ainsi que quatre membres de chaque parti afin de peaufiner le programme commun et ainsi fixer les dates en vue de l’organisation des meetings. Une autre rencontre est programmée mercredi et des réunions entre les agents des circonscriptions où auront lieu les congrès sont aussi prévues.
Pour Navin Ramgoolam, le pays ne s’est jamais retrouvé dans une situation aussi catastrophique depuis l’accession du pays à l’indépendance. Ce problème touche tous les domaines dont la sécurité dans le pays, la bonne gouvernance, l’économie et les institutions, dit-il, avant de dénoncer le népotisme, le gaspillage de l’argent public et le non-respect de la démocratie. Il a exprimé sa solidarité avec Yogita Baboo, limogée parce qu’elle a osé dire ce qu’il faut dire. Il a félicité Noémi Alphonse – qui est devenue vice-championne du monde et Jane Constance, qui a décroché son LLB.
Pour sa part, Xavier-Luc Duval a accueilli la formalisation de l’alliance PTr-MMM-PMSD, permettant de descendre sur le terrain. Il s’agira de transmettre un message fédérateur en vue de rassurer l’ensemble des Mauriciens à l’effet que leur avenir est profondément lié à cette alliance, explique-t-il.
Le leader du PMSD s’est également dit très concerné par l’exode de Mauriciens. « Des fois je me demande si j’avais eu raison de demander à mes trois enfants de rentrer à Maurice. Tous les Mauriciens, de toutes les communautés et de tous les âges se demandent si leur avenir est à Maurice ou ailleurs. C’est un vrai problème », s’est-il demandé.
Le leader de l’opposition parlementaire a attribué cette situation à plusieurs motifs dont les facteurs économiques mais aussi à la qualité de la vie, au manque de confiance dans les institutions et à la prolifération de la drogue. « Je pense qu’il est de mon devoir et de celui de cette alliance d’apporter un espoir pour un avenir meilleur », rassure-t-il.
Commentant le Finance Bill, il affirme que le principe de la présentation d’un budget est que toutes les informations importantes y soient annoncées avant d’être mises en oeuvre dans le Finance Bill, qui aurait dû être un exercice technique. Or, constate-t-il, la tradition a changé. Dans l’actuel Finance Bill figurent des questions importantes n’ayant jamais été mentionnées dans le budget, notamment les amendements à la Banque de Maurice.
Xavier-Luc Duval a félicité Raj Nuckchady, président du Standing Committee on Medical Negligence, qui a démissionné de ses fonctions. Il a aussi rappelé au Speaker, Sooroojdev Phokeer, qu’il occupe un poste constitutionnel au même titre que le leader de l’opposition. « Le leader de l’opposition a des prérogatives dont la possibilité de poser une PNQ », a-t-il fait comprendre avant de demander au Speaker d’avoir un minimum d’égard vis-à-vis de la Constitution.
Finalement, le leader du MMM Paul Bérenger s’est associé aux intervenants qui l’ont précédé pour commenter l’état dans lequel se trouve le pays. « Nous confirmons que nous nous présenterons ensemble aux prochaines élections générales. Nous accélérons au niveau du programme et je suis content que redémarre le travail de l’alliance PTr-MMM-PMSD », maintient-il. Il a tout aussi bien félicité des sportifs ayant brillé à l’étranger et s’est, d’autre part, dit solidaire de Yogita Baboo, qui a été limogée par Air Mauritius. Il a qualifié de « révoltant » que des parlementaires de l’opposition soient ainsi Named chaque semaine.
Par ailleurs, l’ancien Premier ministre a avancé que lorsqu’on hypothèque l’avenir de la jeunesse, c’est un des pires crimes que l’on peut commettre.
Les trois leaders ont ensuite répondu aux questions de la presse sur diverses thématiques comme suit :
Programme électoral : Ramgoolam a expliqué que le PTr, le MMM et le PMSD ont travaillé de concert en vue de « sauver » le pays. « Il y a un vrai dégoût, avec Pravind Jugnauth qui agit comme un vrai parrain et ses tontons Macoutes. Il n’y a que leurs clans et leurs familles qui importent à leurs yeux. Ils ont volé notre liberté. On a volé l’avenir de nos jeunes. Ils ne sentent pas qu’il y a un avenir dans le pays. Les trois partis ont une responsabilité envers le pays et l’histoire. »
« Les prochaines élections seront comme le Mahabharata. D’un côté, il y aura Pravind Jugnauth avec Jean Michel Lee Shim et Franklin, Sattar Abdoula et Sobrinho et de l’autre côté de vrais patriotes, qui lutteront pour que le pays retrouve sa liberté.
« Nous devons redémarrer l’économie. Il faut un système permettant à tout un chacun de faire bouillir la marmite. Les trois partis représentent l’espoir pour un vrai changement. Il y aura un projet de société qui a l’intérêt de l’île Maurice en tête. Nous avons une équipe dynamique où il y aura des jeunes. Je fais un appel à tous les Mauriciens pour qu’ils se rassemblent autour de cette alliance PTr-MMM-PMSD. Il faut savoir voter et ne pas gaspiller les votes ».
Pour sa part, Paul Bérenger, affirme que « nous demandons à toutes les composantes de la population d’assumer leurs responsabilités, en particulier en vue des prochaines élections. Il nous faudra aussi réfléchir sur le système électoral, qui est une malédiction pour Maurice. L’Alliance PTr-MMM-PMSD est ouverte au dialogue avec tous les partis de l’opposition qui ne sont pas représentés au Parlement. Et il nous faut demeurer vigilants. »
Xavier-Luc Duval souligne que le prochain gouvernement s’annonce comme « un véritable chantier » tant qu’il y a des choses à changer. « Parmi les thèmes sur lesquels nous réfléchissons, se trouve la réforme du système électoral à la lumière de la correspondance que nous avons eue avec le Commissaire électoral. Il faudra revoir les Standing Orders, la nomination du Speaker, comment procéder à la nomination à la tête des institutions, la lutte contre le trafic de la drogue, le remplacement de l’ICAC, le Public Procurement afin d’empêcher les vols. Il y a aussi le changement climatique, la redevabilité et la Banque de Maurice. C’est sur ces thèmes que travaillent les trois partis afin de soumettre un programme de vrai changement. »
Ouverture aux partis extraparlementaires :
Bérenger : « Pas à n’importe qui et n’importe comment, mais nous sommes ouverts au dialogue. »
Ramgoolam : « J’ai déjà rencontré Rezistans ek Alternativ mais pas avec n’importe qui. »
Front Bench
Ramgoolam : « Nous nous concentrons sur le programme »
Mesures en faveur des jeunes
Ramgoolam : « Il faut leur redonner l’espoir. Il n’y a pas de méritocratie. Il faut être proche de Lakwizinn pour avoir une promotion. Des incompétents sont nommés au détriment des personnes compétentes. Il nous faut redonner l’espoir pour qu’elles reviennent à Maurice. »
Bérenger : « Une des choses qui désespère les jeunes est le viol de la méritocratie. C’est une des raisons principales pour laquelle il faudra éliminer toutes les atteintes à la démocratie. La méritocratie à Maurice est une priorité pour sauver Maurice. »
Duval : « Il y a aussi des raisons économiques concernant l’emploi ; nous verrons qu’il y a 40 000 jeunes qui sont sous-employés. Les personnes réalisent qu’elles ne peuvent vivre avec Rs 15 000 ou Rs 20 000. Il faut revoir la prospérité avec une réforme de l’économie. Si on continue à offrir aux jeunes un salaire de misère, ils ne pourront acheter une maison et vivre décemment. »
Réforme électorale
Duval : « Nous avons écrit au commissaire électoral Irfan Rahman, et il nous a répondu. Nous avons adressé notre lettre et la réponse du commissaire au Premier ministre lundi. Nous attendons ses réactions. »

