Nouvelle demande de remise en liberté en faveur de l’homme d’affaires malgache, Mamy Ravatomanga
Alors que la nouvelle motion de remise en liberté conditionnelle de l’homme d’affaires malgache Mamy Ravatomanga a été appelée, hier, devant la Bail and Remand Court (BRC), Me Kushal Lobine, a accusé le représentant de la Financial Crimes Commission (FCC) d’induire la Cour en erreur et la FCC elle-même de « delaying tactics ». Mamy Ravatomanga comparaissait par voie de visioconférence depuis la prison de haute sécurité de Melrose.
L’avocat représentant la FCC a expliqué que cet organisme s’opposait toujours à cette demande de remise en liberté de ce suspect, impliqué dans une affaire de blanchiment présumé de Rs 7,3 milliards au préjudice des autorités malgaches. Appelé à la barre des témoins pour donner un aperçu des progrès de l’enquête concernant l’homme d’affaires malgache, l’enquêteur de la FCC a abordé un aspect précis des objections de la FCC, notamment le fait que le prévenu n’a pas de fixed place of abode à Maurice si jamais il est remis en liberté conditionnelle.
Cette question était l’un des points sur lequel la Cour suprême s’était basée pour confirmer, dans un jugement rendu le 26 mai dernier, la décision antérieure de la BRC, en date du 30 décembre 2025, de ne pas accorder de liberté conditionnelle à Mamy Ravatomanga. La présente demande de remise en liberté fait suite à ce jugement de la Cour suprême, en prenant cette fois-ci en compte les points soulevés par les juges.
Selon l’enquêteur de la FCC, cet organisme a procédé à des vérifications auprès du propriétaire d’une résidence à Belle-Vue Harel, qui se trouvait à l’étranger. La fille de Ravatomanga a toujours maintenu devant diverses instances qu’elle louait cette résidence et qu’elle était disposée à héberger son père. Or, selon l’enquêteur de la FCC, après les renseignements pris auprès du propriétaire, le contrat de location de la résidence arrive à expiration le 26 août 2026.
Contre-interrogé par Me Lobine, l’avocat de Ravatomanga, l’enquêteur de la FCC a admis qu’il n’était pas au courant d’une correspondance qui avait été envoyée par voie de lettre enregistrée par les soins de Me Lobine à la FCC, en date du 29 juin 2026, soit trois semaines de cela.
Selon Me Lobine, il avait été explicité dans cette correspondance que le contrat de location de la résidence de Belle-Vue Harel avait été renouvelé par la fille de Ravatomanga pour deux ans additionnels et ne prenait fin que le 26 août 2028. Cette information provenait du propriétaire de la résidence en question dans un affidavit.
Ce dernier affirmait également dans cet affidavit qu’il n’avait aucune objection que la fille de Ravatomanga l’y héberge.
Me Lobine a accusé l’enquêteur de la FCC de mislead the court par des informations erronées et d’être de mauvaise foi. Il a également accusé la FCC de se livrer à des delaying tactics, en prenant trois semaines pour préciser son stand dans cette nouvelle demande de remise en liberté conditionnelle, et en réclamant encore un renvoi additionnel pour présenter ses arguments par rapport à cette demande.
Dans cette optique, il a également fait ressortir devant la magistrate Karuna Dwarka-Davay de l’état de santé précaire de son client, et le fait qu’il se sentait en danger à la prison de Melrose. Il s’est même référé aux conclusions de la commission Lam Shang Leen sur les conditions de détention de cette prison pour étayer ses arguments.

