Le président du MMM, Reza Uteem, a, à l’issue de la réunion du comité central de ce parti samedi, annoncé une kyrielle de révocations visant des membres du parti, notamment les conseillers municipaux dont la mairesse Gabriella Batour, ainsi que les membres du comité central et du bureau politique. Certains avaient des fonctions cumulées au niveau des conseils municipaux, du comité central et du bureau politique.
S’exprimant sur la situation, Reza Uteem a indiqué que la démission de Paul Bérenger, suivie de celle de Joanna Bérenger et de Chetan Babooram, qui siègent désormais au sein de l’opposition, a entraîné plusieurs départs au sein du MMM. « Plusieurs personnes ont soumis leur démission », a-t-il précisé.
Toutefois, Reza Uteem a exprimé sa surprise face au fait qu’aucun conseiller municipal élu sous la bannière du MMM lors des dernières élections municipales n’ait quitté son poste. D’après lui, cette situation s’explique par des considérations financières. « S’ils démissionnent, ils perdent leurs postes de conseillers. Ils s’agrippent à leurs salaires, y compris la mairesse de Beau-Bassin/Rose-Hill », a-t-il avancé.
Reza Uteem a également fait référence aux propos de Joanna Bérenger, qui avait soutenu que des militants ne s’accrochaient pas au pouvoir à tout prix. « Nous voyons pourtant qu’ils s’agrippent aux postes de conseillers à tout prix », a-t-il rétorqué.
Dans ce contexte, le MMM a enclenché plusieurs révocations. Sur les 54 postes de conseiller municipal répartis dans les cinq municipalités, 14 révocations ont été adoptées : trois à Port-Louis, cinq à Beau-Bassin/Rose-Hill, trois à Curepipe et trois à Quatre-Bornes.
Au niveau du comité central, une motion a été adoptée pour révoquer certains membres. Alors que 12 démissions ont été enregistrées, 16 membres ont été révoqués. « Si nous ne procédons pas à ces révocations, nous ne pourrons pas les remplacer », a expliqué Reza Uteem.
Actuellement, le comité central compte 90 membres, dont 64 disposent du droit de vote. La recomposition en cours vise, d’après Reza Uteem, à assurer la représentativité des structures du MMM, notamment dans certaines circonscriptions comme la No 18.
Au Bureau politique, la réorganisation se poursuit également. Sept membres ont démissionné tandis que cinq autres ont été révoqués. Ces derniers occupaient déjà des fonctions importantes, notamment comme conseillers municipaux, membres du comité central et du Bureau politique.
Cette série de mesures illustre la volonté de la direction du MMM de reprendre le contrôle de ses instances après une période marquée par des divisions internes et des départs.
Répondant à des questions de la presse, Rajesh Bhagwan a expliqué, pour sa part, que pour le moment, le MMM a une direction collégiale qui fonctionne. Invité à commenter la hausse des prix, Reza Uteem a, lui, expliqué que plusieurs ministres font partie du comité interministériel sur la crise. De plus, il n’a pas le droit de révéler la teneur des discussions du conseil des ministres. Il a fait comprendre que la responsabilité collective doit primer. « Le MMM est solidaire des décisions gouvernementales », a-t-il mis en exergue. La question concernant le Front Bench du gouvernement sera évoquée avec le Premier ministre – qui rentre au pays aujourd’hui.
S’agissant du 1er mai, Rajesh Bhagwan a affirmé que comme chaque année, des hommages seront rendus aux tribuns. « Nous discuterons de la question avec nos partenaires du gouvernement. Nous avons également demandé aux membres des régionales de faire des propositions qui seront reprises au niveau du bureau politique », a-t-il dit.
Quant à la situation à Mare-Chicose, Rajesh Bhagwan a fait ressortir que Joanna Bérenger a été Junior Minister. « Lorsque nous sommes entrés au gouvernement, nous avons hérité d’une Mare-Chicose en feu. Un contrat de plusieurs milliards avait été accordé par l’ancien gouvernement de Pravind Jugnauth et de Kavy Ramano comme ministre de l’Environnement. Nous avons suivi ce dossier avec la Junior Minister, qui était présent à toutes les réunions avec les contracteurs et les cadres du ministère. Depuis le commencement, nous ne sommes pas satisfaits de ce dossier. Nous avons eu à geler le projet qui était mal ficelé. Ce qui s’est passé vendredi est un problème entre l’opérateur et les camionneurs. Ces derniers n’avaient pas été payés. Nous avons à trouver une solution avec l’aide du gouvernement et du ministère des Finances pour que la situation retourne à la normale au niveau de ce site – qui accueille tous les déchets de Maurice. En novembre et décembre, j’avais déjà informé le gouvernement d’une série de failles des opérateurs. Notre consultant a rédigé un rapport et je viendrai bientôt avec des recommandations au gouvernement. Li pa posib kan ou andan ou partisip dan bann renion et aujourd’hui vous affirmez qu’il ne faut pas Bouz fix ou parler de Lame Atase. C’est une politique opportuniste et de bas étage qui profite d’un problème entre les opérateurs et les camionneurs », a conclu Rajesh Bhagwan.

