Pour un National Funeral Scheme Fund

Grobb Mauree

Le coût et l’organisation des funérailles et crémations sans le soutien financier ou familial nécessaire pour gérer ces arrangements constituent un enjeu majeur, même pour les fortunés, si leurs proches ne sont pas à Maurice. Les amis, voisins ou les associations religieuses contribuent à cette démarche pour un enterrement digne.

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L’île Maurice s’est longtemps enorgueillie d’être un État-providence fondé sur les principes de solidarité, de dignité et de justice sociale. Notre système de protection sociale – comprenant l’éducation gratuite, les soins de santé publics et les pensions – reflète la conviction nationale que chaque citoyen mérite la dignité tout au long de sa vie. Cependant, une lacune importante subsiste dans ce système : le respect de la dignité des citoyens en fin de vie.

Aujourd’hui, les réalités sociales évoluent. Notre population vieillit, les structures familiales se transforment et les migrations sont devenues fréquentes. De nombreuses personnes âgées vivent désormais seules. Certaines n’ont pas d’enfants ; d’autres ont des enfants encore trop jeunes pour assumer une responsabilité financière. Dans bien des cas, les enfants vivent et travaillent à l’étranger et ne peuvent pas rentrer immédiatement en cas de décès. Malheureusement, il existe aussi des situations où des personnes âgées sont abandonnées ou vivent dans l’isolement social.

Lorsque de telles personnes décèdent, la question de savoir qui prendra en charge la responsabilité et le coût de la crémation ou de l’inhumation devient un grave problème humanitaire et administratif. Dans la pratique, des voisins, des parents éloignés, des groupes religieux ou des organisations caritatives peinent souvent à réunir les fonds nécessaires à l’organisation des obsèques. Les hôpitaux, les forces de l’ordre et les administrations locales sont également confrontés à des procédures longues et complexes lorsqu’une personne décédée n’a personne pour en assumer la responsabilité.

Le coût financier d’une crémation simple est relativement modeste comparé aux dépenses sociales nationales. En réalité, ce coût ne représenterait qu’une infime partie des dépenses publiques – une somme que beaucoup considéreraient comme dérisoire au regard des engagements budgétaires plus importants. Pourtant, pour les citoyens ordinaires, le coût d’une crémation peut se révéler insurmontable dans un moment de deuil et de crise.

À l’heure où le débat national porte sur les retraites, le vieillissement de la population et les responsabilités de l’État-providence, il serait socialement juste et moralement cohérent que le gouvernement garantisse un service de crémation de base à tous les citoyens. Une telle mesure garantirait qu’aucun Mauricien ayant contribué à la société de son vivant ne soit privé de dignité dans la mort.

Cette politique témoignerait non seulement de compassion, mais aussi de bonne gouvernance et d’efficacité administrative. Un service de crémation de base financé par l’État permettrait donc de :

  • Garantir la dignité et le respect de tous les citoyens après leur décès.
  • Renforcer les valeurs humanitaires de l’État-providence mauricien.
  • Réduire la détresse et la pression financière pesant sur les voisins, les communautés et les associations caritatives.
  • Aider les hôpitaux, la police et les autorités locales à gérer les cas de personnes décédées non réclamées ou sans soutien.
  • Nécessiter des dépenses publiques minimales comparées à celles d’autres programmes sociaux nationaux.

À bien des égards, garantir la dignité dans la mort est tout simplement le prolongement du système de protection sociale que Maurice a fièrement bâti depuis son indépendance. Une nation qui protège ses citoyens de leur vivant se doit également de veiller à ce qu’ils quittent ce monde dans la dignité et le respect.

Nous invitons respectueusement le ministère de l’Intégration sociale, de la Sécurité sociale à examiner cette proposition et à explorer les mécanismes permettant de garantir un service de crémation de base simple et financé par l’État. Une telle politique démontrerait que l’État-providence mauricien continue d’évoluer en réponse aux nouvelles réalités sociales tout en restant fidèle aux principes de solidarité et de justice.

Le décès du chanteur Ras Natty Baby, cette figure historique du seggae, a soulevé des questions et le gouvernement justifie sa responsabilité par la contribution remarquable de l’artiste à la culture mauricienne et déclare vouloir agir de manière responsable pour réguler rapidement la situation, par respect pour le défunt et sa famille. Le gouvernement s’est activé pour le rapatriement de sa dépouille. Qu’en est-il des Mauriciens et Mauriciennes lambda?

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