Pendant au moins 70 minutes, hier après-midi, le ministre des Finances, Renganaden Padayachy, procédant au Summing-Up des débats sur le budget 2023-24, s’est engagé à faire le procès de l’opposition, en particulier du parti Travailliste.
Certes, l’intervenant a parlé de l’opposition tout au long de son discours, mais ciblant de manière systématique la gestion de l’économie sous les différents gouvernements menés par le Labour, allant jusqu’à la dévaluation d’octobre 1979. Pour la première partie, il a axé son offensive sur le fait que « l’impression, qui se dégage en écoutant les débats est que l’opposition souhaite le malheur du pays et de la population ». Pour l’autre volet avant de Commend the Bill to the House sous les applaudissements de la majorité, le Grand Argentier a passé en revue les multiples mesures du budget pour soutenir que « nous osons et nous protégeons la population ».
D’entrée de jeu, Renganaden Padayachy a fait état de « la grandeur d’esprit et surtout de la grandeur de cœur du Premier ministre, Pravind Jugnauth ». Il n’a pas manqué d’avancer que « c’est un budget de rassemblement et de progrès ». C’est à ce stade qu’il a lancé la première de la série de piques contre l’opposition à l’effet que celle-ci n’a qu’un seul objectif, soit souhaiter le malheur du pays et de la population.
Par contraste, le ministre des Finances s’est appuyé sur les commentaires post-budgétaires venant des partenaires sociaux pour souligner que le quatrième budget de L’Alliance Morisien a été favorablement accueilli. L’une des premières réactions citées est celle du président de la Confédération des Syndicats des secteurs Public et Privé (CTSP), Reeaz Chuttoo ou encore de Kevin Ramkaloan de Business Mauritius.
« Nous sommes sur la bonne voie pour réaliser une Maurice inclusive et durable », fera-t-il comprendre, ajoutant que « les résultats sont là ; les indicateurs économiques dénotent une nette amélioration de nos fondamentaux ». Dans son intervention, il ne manquera pas de citer les données pour faire la démonstration de la reprise.
S’attaquant aux critiques de l’opposition sur les propositions budgétaires, le ministre Padayachy affirme que « je savais l’opposition malicieuse mais je ne la savais pas aussi démagogique. L’opposition a osé qualifier notre budget d’argent illusoire ». Ainsi, il est d’avis que « la réforme fiscale permettra à chacun de payer moins d’impôts qu’auparavant ».
Se basant sur des analyses du think tank Maurice-Stratégie, le ministre des Finances prévoit que cette réforme de la fiscalité se traduira par un apport de 0,6% au Produit intérieur brut (PIB), soit un montant additionnel de Rs 3,7 milliards tout en dopant la consommation des ménages à hauteur de Rs 6 milliards. Il prend à contre-pied les arguments, qualifiés de fallacieux, de l’opposition, au sujet de l’enlèvement de la Taxe à la Valeur Ajoutée (TVA) sur le matériel scolaire. « Cette mesure représente la chance à chacun de réussir à l’école ».
Renganaden Padayachy s’est attardé sur les critiques de l’opposition au sujet de la Money Illusion et de la politique de la dépréciation de la roupie. Pour faire ce point, il a fait état des circonstances de la dévaluation de 30% de la roupie. « À cette époque, il n’y avait pas de crise. Pas de Covid. Pas de fermeture de frontière », a-t-il fait comprendre en ajoutant qu’avec un taux d’inflation cumulé de 30% sur trois ans, la compensation salariale n’avait été que de Rs 705. Il a dressé le parallèle avec les mesures au titre du volet social annoncées dans le budget 2023-24.
À ce chapitre tout en fustigeant nommément le parti Travailliste pour la gestion de l’économie, Renganaden Padayachy trouvera « avec ou sans inflation, le cœur ne s’achète pas ». Il apposera à cette réflexion, une remarque à l’encontre du parti Travailliste selon laquelle « ils sont enclins à prendre aux pauvres pour donner aux riches. Ils n’ont pas hésité à prendre aux plus démunis pour donner aux petits copains ».
Dans un autre ordre d’idées, le ministre des Finances déclare que l’objectif déclaré est d’assurer un taux de croissance de l’ordre de 5% à moyen terme. Il a également abordé la panoplie de mesures sociales, avec un budget de Rs 43 milliards au titre des prestations sociales de même que les politiques au niveau des différents secteurs de l’économie, notamment l’agro-industrie, l’énergie et tourisme, entre autres. Il a aussi laissé voir la détermination au sujet de la démolition d’Emmanuel Anquetil Building en parlant d’Eye Sore dans le centre de Port-Louis.

