THÉÂTRE — Du 17 au 19 juillet à Roches-Brunes : « Memwar Zenosid » de Gaston Valayden et Umar Timol par la Troupe Sapsiway

La complicité entre ces deux artistes pluriels et aux engagements multiples accouche, à chaque fois, des créations artistiques qui méritent le détour. Gaston Valayden, metteur en scène et comédien, et Umar Timol, poète, écrivain et photographe, n’en sont pas à leur premier coup. Avec Memwar Zenosid qui sera présenté sur les planches de la Troupe Sapsiway, à Roches-Brunes, du 17 au 19 juillet prochains, les deux êtres imbus de liberté et de respect signent une plaidoirie au nom de l’humain.

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Il y a deux hommes, l’ancien et le jeune. « Le premier porte un passé lourd de crimes contre l’humanité. Il a participé à des actes répréhensibles : un génocide. Le temps a passé et il a soigneusement “caché” cette période noire de sa vie. Mais la rencontre avec le jeune va tout compliquer… Ce personnage sait que l’ancien cache des vérités très dures et il veut le confronter à ses crimes… » Dans Memwar Zenosid, explique Gaston Valayden, metteur en scène et comédien, l’ancien, c’est lui : « C’est ce dialogue entre ces deux. »

Umar Timol a écrit cette pièce en s’inspirant, bien évidemment, du génocide qui se déroule devant nos yeux en Palestine. Et l’on retrouve dans son travail des inspirations qui remontent loin dans l’Histoire de notre monde. « Car ces crimes contre les humains ne datent, hélas ! pas d’hier. Le génocide des Palestiniens par les Israëliens vient remettre sous les feux des projecteurs des épisodes douloureux de notre Histoire. »

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Décembre 2025, Umar Timol confie sa dernière œuvre à Gaston Valayden. « Comme il le fait pour chaque œuvre qu’il écrit, il me demande de parcourir, d’assimiler et de lui dire ce que j’en pense… » Pour Gaston Valayden, « le besoin de donner vie à “Memwar Zenosid” coulait de source… Dan sa lepok marke ar vyolans ki nou pe viv la, li ti primordial pou mwa ki piblik morisien bizin get sa pies la, ekout bann mesaz ki Umar Timol pe anvi fer pase.

Car nous sommes dans notre île, où, pour bon nombre de patriotes, ce qui se passe hors de nos frontières ne les touche pas, ne les atteint pas… Ce n’est pas forcément méchant.

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Pourtant, je trouve que, de plus en plus, peut-être par manque de réflexions et d’exposition à ces aspects bien durs de notre vie, les Mauriciens deviennent un peu trop indifférents aux problèmes graves que sont, par exemple, les féminicides, les meurtres, les violences en tous genres… Et le génocide à Gaza fait, pour moi, partie de ces pages de notre vie que nous ne pouvons pas passer sous silence. Nou pena drwa moral ni imin les sa pase ».

Il cite « plusieurs exemples dans notre histoire contemporaine où les hommes, brandissant la religion, ont décimé des populations entières… Les aborigènes, les Incas, les Aztèques… Se enn gran barbari kinn komet lor nom bondye ! » Et de souligner : « Sa pies-la amenn nou get noumem dan enn mirwar, mirwar lemal ki ena dan limin e mirwar le mal ki ena dan nou leker ».

Dans un premier temps, Gaston Valayden prend les rênes de la mise en scène de Memwar Zenosid. Il confie le rôle de l’ancien à Robert Furlong, qui connaît, malheureusement, des problèmes de santé et finit par se retirer. Jean Claude Catheya lui succède, mais se retrouve également confronté à des ennuis d’ordre personnel. « Au final, comme je m’étais familiarisé avec le personnage, pour assurer la transition, je me retrouve dans la peau de l’ancien ! » lance Gaston Valayden qui, du coup, officie sur deux plans : comédien et metteur en scène. « Mais heureusement, Jean Claude (Catheya) me donne un bon coup de main là-dessus. »

Perfectionniste et très exigeant, comme toujours, Gaston Valayden fignole la création artistique. « Nous avons rencontré pas mal de soucis en cours de route, c’est vrai. Et accusé des retards également. Mais là nous sommes fins prêts et nous avons hâte que le public vienne découvrir “Memwar Zenosid”, une pièce très forte et dense. » Et le metteur en scène et comédien d’ajouter : « Sa lexperyans la, nou le li kouma enn “wake up call” pou seki pou vinn get pies-la. Nou kone ki listwar le monde port temwagnaz le mal, ant lesklavaz, lager, zenosid, masak.

Le mal li enn konpozant fondamental dan lavi imin, ki li individiel ou kolektif. Ce que nous recherchons, avec “Memwar Zenosid”, c’est de faire réfléchir les Mauriciens : “Kouma nou kapav explik violans ki ena dan imin ? Kot lemal sorti ? Quel est le sens de la vie quand elle est caractérisée par tant de cruautés ? »

Dans Memwar Zenosid, c’est Brian Van Schellbeck qui sera dans la peau du jeune protagoniste qui accule l’ancien incarné par Gaston Valayden. Jean Claude Catheya officie à la mise en scène et aux lumières. La musique est de Jean René Bastien et la régie est signée Axel Manna.

HT
LES REPRÉSENTATIONS
Memwar Zenosid sera joué les 17 et 18 juillet à 20h et le 19 à 14h. Un plateau sera disponible à la porte. Le tarif minimal pour assister aux représentations est de Rs 200. Les places étant limitées, il est conseillé d’appeler au 57 90 14 00 pour réserver en avance.

 

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