Le sport mauricien, plus particulièrement le triathlon, est à nouveau endeuillé, à peine trois semaines après le décès en mer de Jayrajsing Hazareesing (55 ans), le 17 janvier. C’est Hugues Rivet (45 ans) qui a cette fois perdu la vie, au Morne toujours, alors qu’il participait à l’épreuve cycliste suivant celle de la natation, dimanche dernier. Il est décédé après avoir violemment percuté un autobus, alors que l’autopsie pratiquée par un médecin légiste a attribué la cause du décès à un « intracranial haemorrhage » Précisons d’abord qu’il n’est nullement de notre intention de remuer le couteau dans la plaie en prenant en considération la dure épreuve psychologique que vivent actuellement les proches du triathlète. Week- End leur témoigne d’ailleurs toute sa sympathie tout en essayant de comprendre ce qui s’est réellement passé au Morne, dimanche dernier. Car, il est de notre devoir de réagir professionnellement en toute situation. Cela, afin de pouvoir aider à éviter que d’autres drames de ce genre ne surviennent. Non seulement en triathlon, mais également dans d’autres disciplines appelées à partager la route avec les automobilistes.

Ainsi, il aura fallu que cette catastrophe s’abatte sur la Fédération mauricienne de Triathlon (FMTri). Coïncidence ou pas, il conviendra maintenant à l’enquête policière de faire la lumière sur les circonstances tragiques entourant la mort d’Hugues Rivet.

Pour l’heure, seule la version du chauffeur fait office d’explication. En revanche, on peut s’interroger sur les conditions de participation à ces épreuves d’endurance. Comme avancé par Le mauricien, dans son édition du 8 février, Hugues Rivet avait des « antécédents cardiaques ». Avait-il donc un certificat d’un professionnel de santé pour s’engager dans cette compétition ? Ou encore, est-ce que la FMTri a exigé un tel certificat, ce jour-là, comme critère de participation et comme exigé parle ministère des Sports suivant le décès en mer de Jayrajsing Hazareesing? Il sera primordial que l’enquête policière nous éclaire davantage sur ces décès, afin que des actions appropriées puissent être prises à l’avenir. Car deux morts en l’espace de trois semaines et qui plus est, au sein d’une même discipline, cela est inquiétant ! Ce qu’il faudrait désormais savoir, c’est comment ces accidents se sont-ils produits ? Ou encore, s’ils étaient évitables ?

Week-End avait justement pris la peine de solliciter le président de la FMTri, Alain St Louis, au lendemain même du premier accident. Mal- heureusement, il n’a pas voulu répondre à nos questions indiquant tout simplement que la fédération était en deuil. C’est son choix et nous la respectons. Sauf qu’il ne faut quand même pas non plus oublier qu’il y a eu mort d’homme attribué à la noyade suivant une autopsie. Aussi est-il important pour une fédération, dans pareilles circonstances, de venir rassurer. Cela, en donnant des détails élémentaires sur l’organisation même d’une compétition, tout en prenant le soin de ne pas entraver l’enquête policière. Ce faisant, la FMTri aurait rassuré l’opinion publique, les triathlètes et leurs parents surtout.

Malheureusement, en l’absence de réponse, ce double drame risque de faire encore plus mal à cette discipline, à commencer d’abord par créer une psychose. Et ça, Alain St Louis gagnerait bien à le comprendre, lui qui a, une fois encore, évité nos questions !

En revanche, nous apprenons que les triathlètes se seraient munis d’une puce électronique, dimanche dernier, afin de s’assurer d’une surveillance accrue, notamment à l’heure de l’épreuve de natation. S’il s’agit là d’une démarche suivant le drame ayant entraîné le décès de Jayrajsing Hazareesing, c’est déjà un bon début. Reste que la FMTri, en tant qu’organisateur, devra assumer pleinement la responsabilité de ces deux décès survenus dans des circonstances tragiques. Aux membres aussi de se remettre en question et de se demander si toutes les mesures nécessaires ont été prises en vue de les éviter. Même s’il était évoqué, avant le coup d’envoi de cette compétition, d’un déploiement encore plus important d’officiels comparativement au 17 janvier.

Ainsi donc, ce qui s’est passé en l’espace de trois semaines seulement dépasse, dans une large mesure, le simple cadre sportif et auquel personne ne s’attendait. C’est pour cette raison précise qu’une profonde remise en question s’impose. Elle devra être non seulement sportive, voire touchant uniquement au triathlon ou autres disciplines exposées à ce genre de danger. La prise de conscience devra être civile. Car au-delà de toute considération sportive, ce sont aujourd’hui deux familles qui souffrent dans la douleur, notamment celle d’avoir perdu un des leurs. Certes, la pratique du sport est importante, mais cela ne peut se faire à n’importe quel prix, surtout, si les conditions optimales ne sont pas réunies.