CANDIDATE DES VERTS FRATERNELS-CINDY ANTONIO : « Les femmes doivent trouver leur place en politique »

Cindy Antonio, candidate aux élections pour la deuxième fois

Annoncée comme candidate des Verts Fraternels à la partielle au No 18, Cindy Antonio en est à sa deuxième expérience électorale. En 2014, elle s’était en effet déjà présentée dans cette même circonscription et avait récolté 355 voix. Alors que les autres partis dans cette campagne se prononcent contre le projet Metro Express, Les Verts Fraternels, eux, ont décidé de soutenir le projet. La candidature de Cindy Antonio est ainsi une manière de défendre ce point de vue.
Mère de cinq enfants et habitante de Résidence Kennedy, Cindy Antonio est la deuxième candidate féminine annoncée pour la partielle à Belle-Rose/Quatre-Bornes. Même si son travail de laveuse de voiture occupe beaucoup de son temps, elle trouve les ressources nécessaires pour s’adonner à la politique. Une passion héritée de sa grand-mère, Anne-Marie Sophie, ancienne militante de l’Organisation Fraternelle de la première heure. « J’ai toujours accompagné ma grand-mère à coller les affiches, distribuer des tracts, ou dans les réunions. Je me souviens particulièrement qu’elle avait fait la grève pour le droit d’une maison de la CHA. En dépit des conseils des médecins qui lui demandaient d’arrêter sa grève, elle a tenu bon. »
Ces souvenirs réveillent en Cindy Antonio la flamme politique. Ainsi, lorsque la direction des Verts Fraternels lui demande d’être candidate pour la partielle au No 18, elle accepte sans hésitation. « J’avais déjà été candidate en 2014. Je sais un peu comment cela se passe. Qui plus est, mon parti a choisi d’entrer dans cette élection pour dire son soutien au projet de métro. Nous pensons que ce sera un bon développement pour notre ville et pour le pays. Nous sommes convaincus que ce projet permettra de réduire la pollution causée par les carburants, de même que les embouteillages, et sera bénéfique à l’environnement. » Il faut savoir que les Verts Fraternels sont en faveur de ce système de transport depuis le projet de monorail en 1976. Le métro figurait également dans le programme électoral du parti en 2014.
Parmi les autres sujets qui préoccupent Cindy Antonio, celle-ci évoque la situation à Résidence Kennedy. « D’abord, on vit à plusieurs familles dans la même maison. Il faut que le gouvernement accorde des facilités de logements aux personnes dans le besoin. Il faut aussi trouver des solutions pour les pauvres. » L’ampleur du problème de drogue l’interpelle également. « Aujourd’hui, les jeunes n’ont plus de loisirs. Ils se laissent facilement tenter par la drogue. Je suis d’avis qu’il faut des infrastructures et des activités sportives pour les empêcher d’être pris dans ce fléau. »
Concernant les femmes engagées en politique, Cindy Antonio confie qu’il faut, pour y arriver, consentir beaucoup d’efforts et autant de motivation. « Moi-même, parfois, je rentre à la maison après le travail à 20h. C’est après avoir fait le repas et m’être occupé de mon jeune fils que nous allons sur le terrain pour coller des affiches. Ma tante nous accompagne aussi. » Même si les jeunes du quartier se moquent d’eux ou en viennent même à déchirer leurs affiches, elle ne se décourage pas pour autant. Sa famille lui accorde également tout son soutien.
La campagne pour la partielle n’a pas encore démarré véritablement. « Dès que la date des élections sera annoncée, nous passerons à une autre étape et organiserons des réunions ou des visites en porte-à-porte. » Même si cela s’avère par moments difficile, elle est d’avis qu’il faut persévérer. Elle invite d’ailleurs les femmes à se lancer. « Aujourd’hui, les femmes font de tout, de maçon sur les chantiers à conductrices de poids lourds. Alors pourquoi pas la politique ? Les difficultés existent, comme en toute chose, mais il ne faut pas baisser les bras. Les femmes doivent trouver leur place en politique. »
En tant que politicienne, Cindy Antonio suit également les travaux à l’Assemblée nationale. Elle souhaite toutefois que ces travaux se déroulent en kreol, et ce afin que tout le monde comprenne. « Parfois, on note aussi que les politiciens disent certaines choses à l’Assemblée, qu’ils ne respectent pas par la suite. »
Au départ, Les Verts Fraternels étaient également en faveur d’un candidat unique de l’opposition à la partielle. Mais les autres partis ayant présenté leurs candidats, Les Verts Fraternels n’ont pas voulu rester hors course. De même, le parti est d’avis que le projet de métro doit être accompagné d’un plan social pour les employés du transport, comme cela a été le cas pour les travailleurs du port ou de l’industrie sucrière. Selon le parti, cela représenterait en effet une compensation pour toute perte d’emploi.