Jockey n°2 de l’écurie Merven depuis un bout de temps maintenant, Swapneel Rama s’est offert une première 2015 samedi dernier. Une victoire signée de la doublure Don’t Say Don’t au cours d’une journée placée sous le signe de la réussite des seconds couteaux. À Rs 1600 à la fermeture des paris samedi après avoir été affiché un moment à Rs 3500 chez les bookies, ce hongre bai de 8 ans aux quatre victoires seulement en 29 sorties, aura fait des heureux à ceux qui ont cru en ses chances…
« Quand j’avais fait mon home work, je me suis dit qu’on avait une chance. Max Rapax était bien le cheval à battre, mais il ne fallait pas pour autant négliger notre chance. Quand j’ai amorcé le tournant, Don’t Say Don’t avait encore du répondant. Je le connais bien. Il n’aime pas trop la cravache. Son finish a été extraordinaire », souligne Swapneel Rama.
Le jockey avance que tout aura été finalement à son avantage samedi. « On avait hérité d’une bonne ligne. Il y avait du pas dans la course. Je me suis retrouvé en bonne position sur le parcours. Ma monture a bien déboîté. Le but est aussi arrivé à temps pour lui », rappelle t-il encore.
Rama, aujourd’hui 36 ans, et qui monte au Champ de Mars alors qu’il n’avait que 16 ans, avance « qu’il ne reste que deux jockeys de ma génération, Rye Joorawon et moi-même, les autres à l’instar de James Meunier et Rajcoomar Seeboruth ont tous raccroché les étriers ». Il estime avoir tiré son épingle du jeu au Champ de Mars avec, entre autres, un titre d’apprenti champion de Maurice. « J’ai connu mes meilleures saisons alors que je montais des chevaux de la défunte écurie Philippe Henry. J’ai gagné la Duchesse avec Hector en 2005 et j’ai connu d’autres bons moments quand j’ai conduit à la victoire Royal Deed par exemple ».
Parmi le chapelet de jockeys mauriciens impliqués dans « l’affaire Zip It » qui avait ébranlé le Champ de Mars en décembre 2013, Rama avoue avoir gardé « un mauvais souvenir avec une longue suspension de quatorze semaines ».
Dans ce présent exercice, il n’a pas tardé à montrer le bout du nez. Une victoire avec Don’t Say Don’t qui le fait grimper dans le top 15 des jockeys — il est actuel 12e avec 8 % de réussite. Samedi, il s’est aussi accroché à un accessit avec Gray’s Champ dans l’épreuve principale. « Dans un lot relevé et sur un 1500m que je pense être encore court pour ses aptitudes, Gray’s Champ nous a donné satisfaction. C’est un coursier qui devrait nous être utile cette saison ». Parmi ses autres montes, Rama concède que « Winter Skye a saigné en course, Drop Zone doit s’adapter à son nouvel environnement, alors que Levento, a priori cheval caractériel, a fait une course correcte (5e) ».
Au sein d’un groupe où il sera souvent appelé pour piloter des doublures, la richesse des effectifs de Patrick Merven oblige, Swapneel Rama se dit se sentir bien. « Je ne me mets pas de la pression. C’est pourquoi je ne fixe pas d’objectif pour le nombre de victoires ramenées. J’essaye de tirer le maximum de mes montures. Quand la chance se présente, j’essaye de la saisir… »