En octobre dernier, ils avaient été recalés au profit de nouveaux médecins ayant, pour certains, seulement six mois d’enregistrement auprès du Medical Council (MC) et la plupart des proches du pouvoir. En réponse à une PnQ, le Premier ministre avait donné l’assurance que d’autres médecins allaient être recrutés dans le service civil, cette année. Ce qui a été chose faite avec le recrutement de 136 nouveaux généralistes dans nos hôpitaux depuis le 21 mars. Or, cette fois encore, ces médecins recalés, dont certains sont enregistrés au MC depuis  2012, ne figurent pas parmi les nouvelles recrues de la Public Service Commission (PSC) et s’estiment doublement lésés. Frustrés et découragés, ils disent ne pas comprendre le mode de recrutement qui n’aurait, selon eux, pas tenu compte du critère d’ancienneté ainsi que des qualifications académiques. Qui plus est, notent-ils, cette fois encore, outre des proches de ministres et députés parmi les nouvelles recrues, la PSC a aussi recruté des couples, mariés et fiancés. 
Dans un communiqué la semaine dernière, le ministère de la Santé, qui annonçait le recrutement de 136 nouveaux généralistes dans le service civil, indiquait que la liste des nouvelles recrues ne pouvait être publiée car en attente d’une réponse finale de médecins dans une semaine. Lundi dernier, en consultant la liste officielle, c’était une nouvelle fois la déception chez les médecins recalés. Pour cause, certains d’entre eux attendent depuis plus de trois ans, certains depuis 2011. Outre la déception, la frustration et le désespoir les envahissent. Ils avaient cru être parmi ce batch de nouveaux spécialistes. En effet, si l’exercice d’interview effectué par le ministère de la Santé en juin dernier avait  favorisé, selon eux, des proches du pouvoir (dont certains n’avaient que six mois d’enregistrement auprès du MC), cette fois encore – alors que l’exercice de recrutement a été effectué par la PSC, ce sont principalement de nouveaux venus dans la médecine qui ont été retenus, dont plusieurs n’auraient, selon les médecins frustrés, pas les qualifications académiques nécessaires.
« Pourtant, lors des interviews, tout s’est très bien passé. On en est ressorti avec l’espoir que cette fois, ce sera la bonne. Hélas, une fois de plus, nous avons été lésés », disent les médecins. Ils soutiennent, par ailleurs, que cette fois encore, parmi les nouvelles recrues, figurent des proches de ministres, de députés et d’agents politiques. « Nous ne mettons pas les qualifications de tous ces médecins en doute, mais nous sommes témoins que certains qui n’ont pas le niveau de SC ni de HSC ont été recrutés », disent-ils.
Et de faire ressortir qu’en outre, la plupart des médecins recalés qui avaient effectué leur internat pendant une période de 24 mois (contrairement aux nouveaux venus qui n’ont effectué que 18 mois d’internat) ont passé un examin sanctionnant leur apprentissage à l’hôpital. « Parmi les nouvelles recrues, il y en a qui n’ont pas le niveau. C’est pourquoi nous avons des interrogations », disent-ils, ajoutant leur frustration que le critère d’ancienneté n’ait pas été pris en compte. « Cela aurait été plus juste, moins frustrant et pratique pour tout le monde que le critère d’ancienneté prévale », estiment les médecins recalés qui pensent que si la PSC prenait en considération ce critère, « ce serait une garantie pour tous les médecins qu’ils seront au final recrutés dans le service civil. » « Aujourd’hui, certains ont fait les interviews quatre ou trois fois et à chaque fois, ils sont recalés. Non pas que leur entretien se déroule mal, au contraire, car les questions sont les mêmes pratiquement pour tout le monde, et lorsqu’on termine l’interview, on est pratiquement sûr d’être recruté », expliquent ces médecins.
Quel est donc le problème avec eux, questionnent-ils, se demandant s’ils ont besoin de connexions politiques pour pouvoir entrer dans le service civil. Ils notent, par ailleurs, que la PSC a recruté certains médecins qui l’avaient été sur une base contractuelle dans le passé, mais qui ont quitté le service pour ensuite revenir. Les couples mariés ou fiancés ont également eu leur chance, notent les médecins recalés, qui estiment qu’il est grand temps que le gouvernement s’attarde sur le mode de recrutement des médecins dans le service civil, avec notamment la mise en place d’un système qui départagerait les méritants.