Dans les années 90, en pleine période de revendications de la Génération X, la montée en puissance du mouvement Riot grrrl secoua plutôt brutalement les bases des sociétés occidentales surtout, où le patriarcat dominait royalement ! Quelques décennies plus tard, la Girl Power est encore toujours aussi active et… pertinente. Et semble bien avoir fait son petit bonhomme de chemin un peu partout autour du globe. Et c’est tant mieux !
La nomination d’Arianne Navarre-Marie au poste de Deputy Prime Minister (DPM) revêt un immense symbolisme. Cette militante de longue date entre dans l’histoire par la grande porte. D’abord, la consécration féminine : elle devient donc la première femme politique mauricienne à accéder à un portefeuille aussi important dans la hiérarchie gouvernementale. Mieux encore, à peine sa prestation de serment terminée, la ministre de l’Égalité des genres s’est retrouvée catapultée dans le fauteuil du Premier ministre suppléant ! Jolie entrée en matière. À l’instar de Shakeel Mohamed qui remplaçait, tout récemment, Navin Ramgoolam, Arianne Navarre-Marie s’en sort haut les… cœurs. L’événement marque bien évidemment aussi le sacre du peuple chagossien. De par ses origines, la nouvelle DPM fait inévitablement la fierté de ses compatriotes. Réconciliant, de ce fait, toutes les femmes de la République de Maurice.
Sous sir Anerood Jugnauth, la scientifique de renom local et mondial, Ameenah Gurib-Fakim, marquait elle aussi l’histoire de notre pays, en devenant la première femme à accéder au poste de présidente de la République. Dans la même veine, il convient de citer Françoise Labelle, qui fut la première parlementaire mauricienne à être élue vice-présidente du Parlement panafricain. Les petites Mauriciennes peuvent se permettre de continuer à rêver, certes. Mais surtout, de bosser dur et de multiplier les efforts. Car chacune de ces trois femmes n’a rien gagné gratuitement. Chacune a son parcours semé d’embûches et, surtout, elles se sont distinguées dans des secteurs où, habituellement, dominent les mâles alpha.
Il y a, bien évidemment, le jeu politique qui prime. Nul n’est dupe ni naïf au point de ne pas l’avoir compris. Il faut, néanmoins, saluer et souligner que, bien que tardivement malgré tout, ces signaux solides et forts sont là. La brèche est faite. Aux dignes héritières des Riot grrrl de saisir les occasions et de prouver que le pouvoir, au féminin, a ses atouts et peut, qui sait, donner sinon d’aussi bons, voire de meilleurs résultats !
La présence de Joanna Bérenger sur les bancs de l’opposition devrait également amener son lot de différences. Ayant prouvé qu’elle n’est pas que la “fille de”, les attentes sur ses épaules, que l’on souhaite solides, sont énormes.
Le génocide qui se déroule devant les yeux du monde à Gaza a été temporairement éclipsé par la guerre déclarée par les assoiffés de sang et de pouvoir que sont le président américain Donald Trump et son partner in crime, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, contre l’Iran.
Ce vendredi 15 mai marquait les 78 ans de la Nakba. Ce crime contre le peuple palestinien dure depuis autant d’années. S’il a pris des proportions plus virulentes ces dernières années, c’est sous le joug de deux politiques prêts à tout ! D’une part, pour éliminer les Palestiniens, soit en les forçant à abandonner leurs terres et leurs maisons, soit en les décimant, en les privant d’eau et de nourriture. Et de l’autre, pour s’accaparer justement le territoire occupé jusque-là par ce peuple.
Fin avril dernier, le Dr Anne Moro, membre exécutif de Doctors To Gaza, participait, aux côtés de Lindsey Collen, de Lalit et de SOMALP, à un débat sur toute la question. Cette chirurgienne pédiatrique française se trouve actuellement sur l’un des bateaux composant la Global Sumud Flotilla, en route pour Gaza. Elle a emporté, dans ses bagages, notre quadricolore !
Parmi les autres femmes qui se sont distinguées dans ce conflit barbare, l’Italienne Francesca Albanese. Juriste et chercheuse italienne, spécialisée en droit international et en droits humains, elle est, depuis le 1er mai 2022, la rapporteuse spéciale des Nations unies sur les territoires palestiniens occupés. Ses rapports ont été déterminants devant la Cour internationale de justice (CIJ), qui a déclaré que l’occupation des territoires palestiniens par Israël viole le droit international, à la suite du dossier porté devant cette instance mondiale par l’Afrique du Sud.
Tel que va ce monde, la participation massive et active des femmes est plus que jamais cruciale. Qu’en pensent les Mauriciennes ?
Husna Ramjanally

