Épidémie : Protocole à 4 scénarios  contre l’Ebola enclenché

Exercice de simulation au Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport, hier Le ministre Bachoo : « Nous sommes parés à toute éventualité »

Le ministère de la Santé, en collaboration avec Airports of Mauritius Ltd, a organisé un exercice de simulation autour de la mise à exécution du protocole en cours pour contrer la propagation du virus de l’Ebola au Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport, hier. Quatre scénarios ont été envisagés pour une prise en charge rapide et appropriée des cas suspects. L’hôpital de Souillac a été désigné pour accueillir les malades tandis que le Recreation Centre de Riambel sera utilisé comme centre de quarantaine.

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Le 5 juin, le conseil des ministres avait approuvé une série de mesures sanitaires pour faire face à l’épidémie d’Ebola, qui sévit actuellement dans certaines parties d’Afrique. Hier, le ministère de la Santé a voulu mettre à l’épreuve l’efficacité des mesures mises en place à l’aéroport de Plaisance à travers un exercice de simulation.

Le ministre de la Santé, Anil Bachoo, a expliqué que « ces derniers temps, nous avons eu beaucoup de Communicable Diseases, comme le chikungunya, dengue – heureusement que nous n’avons pas eu beaucoup de cas –, la leptospirose, avec des décès enregistrés. Ensuite, il y a eu un cas de Mpox que nous avons pu contrôler. Le plus grand danger demeure Ebola. Heureusement que nous n’avons enregistré aucun cas à ce jour. Le gouvernement a décidé d’être très strict à ce sujet. »

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Anil Bachoo a ajouté que le gouvernement fera tout ce qui est humainement possible pour protéger la population. Une réunion s’est tenue entre le ministère de la Santé, Airports of Mauritius Ltd et d’autres partenaires, il y a quelques jours, pour établir les différents scénarios possibles, ainsi que la réaction. « C’est pour cela que nous procédons à cet exercice de simulation pour tester la mise en pratique de ce protocole », dit-il.

La simulation se déclenche pour le premier scénario : le commandant de bord informe la tour de contrôle qu’il y a un passager malade dans l’avion, présentant des symptômes d’Ebola. La direction d’AML et le service de santé, basé à l’aéroport, sont aussitôt informés.
La santé déclenche alors le protocole pour ce premier scénario. Une ambulance, avec une équipe médicale, se présente sur le tarmac, à l’atterrissage de l’avion.

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Auparavant, le commandant de bord a déjà prévenu les passagers : « tout le monde reste assis à l’atterrissage pour urgence. » L’équipe médicale monte à bord, en combinaison, le passager est interrogé sur ses symptômes et le pays qu’il a visité. Alors que les autres passagers sont évacués, ceux qui étaient dans les trois rangées devant et derrière le passager malade aussi bien que ceux à côté demeurent sur place. L’appareil, dont les toilettes utilisées par le passager, sera désinfecté.

Le patient sera transféré à l’hôpital de Souillac, en ambulance, tandis que les passagers à proximité et le personnel navigant – qui a été en contact avec le passager – seront dirigés vers le Recreation Centre de Riambel pour la quarantaine, qui dure 21 jours. « Ce protocole a été mis en place avec la collaboration de l’Organisation mondiale de la Santé », précise le ministre. Il a également donné l’assurance que le personnel de l’hôpital de Souillac a été formé pour la prise en charge des cas d’Ebola, et que tous les médicaments nécessaires au traitement sont disponibles. Il a précisé que le département sanitaire entreprendra un suivi régulier des passagers et du personnel navigant.

Le deuxième scénario concerne un passager, qui présenterait une température élevée. Celle-ci est détectée par la caméra thermique à la sortie de l’avion, soit lors du passage vers l’immigration. Un officier de santé suit le mouvement des passagers en permanence. « S’il y a quelqu’un qui présente une température de 38°C ou plus, l’appareil va l’afficher en rouge. En dessous de 38°C, l’image est verte », explique le Dr Khodabux du ministère de la Santé.

Le passager sera alors arrêté par le service de contrôle, pour une deuxième prise de température. Si la fièvre est confirmée, il sera dirigé vers une salle d’isolement, pour la prise en charge par le service de santé. Si le passager présente des risques d’Ebola, le même protocole s’appliquera : il sera dirigé vers le centre de Riambel pour la quarantaine.
Troisième scénario : les passagers arrivant des pays à risques. Les pays identifiés sont la République Démocratique du Congo, l’Ouganda et le Soudan du Sud. Depuis le 8 juin, les ressortissants étrangers provenant de ces pays ne sont pas autorisés à entrer à Maurice. Pour les citoyens mauriciens et les étrangers détenant un permis de séjour, ils devront obligatoirement passer par la quarantaine.

Un quatrième scénario a aussi été envisagé : un passager qui entrerait illégalement à Maurice. Dans ce cas précis, c’est le Passport and Immigration Office, qui sera appelé à gérer le cas, en concertation avec la Santé.

Le ministre Bachoo a indiqué que tout est mis en œuvre, pour que le virus ne pénètre pas sur le territoire mauricien. « Je remercie AML et toutes les parties concernées pour leur collaboration, à ce sujet. Je rassure la population qu’il n’y aura aucun laisser-aller et que nous serons vigilants. Nous sommes parés à toute éventualité », poursuit-il.

Quant à la prise en charge des malades éventuels, Anil Bachoo s’est appesanti sur le point que l’hôpital de Souillac a déjà été mis à contribution pour ce genre de situation par le passé et que le personnel est formé. « Même à Riambel, il y a déjà des officiers du ministère de la Santé en stand-by. Nous n’attendrons pas un premier cas pour réagir. Nous avons tout prévu en amont, sous la supervision du Premier ministre », rassure-t-il.

Au niveau d’Airports of Mauritius, le Chief Eexcutive Officer (CEO), Lormus Bundhoo, affirme que tout est mis en œuvre pour le respect du protocole. « C’est pour cela que nous avons entrepris cet exercice de simulation. Tout n’était pas parfait, mais cela nous a permis de voir les manquements et apporter les corrections », fait-il valoir.

 

 

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