Plus de 80 cours universitaires ont déjà été développés, mais restent encore sous-exploités. Afin de donner un nouvel élan aux Open Educational Resources (OER), un atelier de deux jours a été lancé ce lundi 29 juin au Caudan Arts Centre par le ministre de l’Enseignement supérieur, des Sciences et de la Recherche, Kaviraj Sharma Sukon. Cette initiative vise à renforcer la qualité, la visibilité et l’intégration de ces ressources gratuites dans l’enseignement supérieur, avec pour ambition de les rendre pleinement accessibles aux étudiants ainsi qu’au grand public.
Organisée par la Higher Education Commission (HEC), cette rencontre a réuni plus d’une trentaine de participants issus des institutions publiques d’enseignement supérieur, notamment l’Université de Maurice, l’Université de Technologie de Maurice (UTM), l’Open University of Mauritius, l’Université des Mascareignes, le Mauritius Institute of Education ainsi que le Mahatma Gandhi Institute. Pendant ces deux jours de travail, les participants ont renforcé leurs compétences en matière de développement, de révision et d’assurance qualité des ressources éducatives ouvertes, dans le but de consolider les capacités institutionnelles et d’améliorer la cohérence des programmes OER au niveau national.
Le lancement s’est déroulé en présence du président de la Higher Education Commission (HEC), le Dr Ashveen Kumar Kissoonah, de la commissaire de la HEC, la Pr Romeela Mohee, ainsi que du Dr Anthony Lelliott, expert de SAIDE (Afrique du Sud). Celui-ci a apporté un appui technique sur l’évaluation et l’amélioration des contenus de cours en REL, en mettant l’accent sur leur alignement avec les principes internationalement reconnus d’ouverture, d’accessibilité et de qualité.
De son côté, le ministre Sukon a souligné que ce programme vise à renforcer les pratiques d’assurance qualité des cours OER, proposés gratuitement dans le cadre des efforts nationaux pour améliorer l’accès à des ressources éducatives de qualité à Maurice. Il a rappelé que le National OER Repository a été lancé en septembre 2025 lors du Pan-Commonwealth Forum 11 (PCF11). Environ 88 cours ont déjà été développés dans le cadre du Technology-Enabled Learning Project, mis en œuvre entre 2022 et 2025. Dans ce contexte, l’atelier vise à mieux faire connaître ces ressources produites par des universitaires mauriciens, mais surtout à faciliter leur intégration dans les cursus universitaires. « L’enjeu n’est pas seulement de faire connaître ces ressources, mais surtout de permettre leur utilisation effective dans les programmes d’études », a-t-il indiqué.
Le programme adopte une approche de type train-the-trainer, destinée à accroître l’expertise des institutions, harmoniser les pratiques liées aux OER dans l’enseignement supérieur public et soutenir la production continue de ressources pédagogiques de qualité, accessibles aux étudiants, aux apprenants tout au long de la vie ainsi qu’au grand public. Ces ressources couvrent plusieurs domaines, notamment le marketing digital et les ressources humaines, et sont accessibles gratuitement à Maurice comme à l’international.
Le ministre a toutefois reconnu un manque de visibilité et d’appropriation de ces contenus au sein du milieu académique. « Très peu d’enseignants et d’étudiants en avaient connaissance. Il est donc essentiel de franchir cette étape de sensibilisation et d’intégration », a-t-il affirmé, tout en soulignant la nécessité d’un encadrement rigoureux des ressources pédagogiques. Il a également évoqué la mise en place envisagée d’un registre des OER, sous l’égide de la Higher Education Commission afin de garantir des standards clairs, à l’instar de ce qui existe déjà pour les micro-credentials.
Enfin, il a ajouté que l’initiative s’inscrit dans une dynamique internationale, notamment à travers la collaboration de Maurice avec OER Africa. Cette démarche reflète également une volonté de s’inspirer des meilleures pratiques mondiales, notamment celles d’institutions telles que le MIT, afin de développer et partager des contenus éducatifs accessibles au-delà des frontières mauriciennes. « L’objectif est de produire des cours non seulement pour les étudiants mauriciens, mais aussi pour ceux de la région et du monde entier. Il s’agit de rendre l’éducation accessible à ceux qui en ont besoin », a-t-il indiqué.
Pour sa part, le Dr Kumar a expliqué que l’atelier s’inscrit dans une démarche de formation des formateurs visant à doter les acteurs du projet et les professionnels des outils nécessaires pour créer un effet multiplicateur durable au sein de leurs institutions. Trois objectifs principaux ont été définis : harmoniser les exigences de qualité à travers des directives et grilles d’évaluation, procéder à la révision externe des cours concernés et identifier ceux susceptibles d’être transformés en micro-credentials.
Il a enfin évoqué la nécessité d’un fort ancrage dans le contexte mauricien, afin que les REL reflètent la société, la culture, l’économie et les priorités nationales, tout en soutenant une vision d’un enseignement supérieur plus accessible, inclusif et réactif. Il a remercié les partenaires du projet ainsi que le ministre pour leur soutien.
Cet atelier marque une nouvelle étape dans les efforts visant à améliorer la qualité, la visibilité et l’intégration des ressources éducatives ouvertes dans l’enseignement supérieur à Maurice.

