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L’École française des Seychelles réagit et se défend de traiter « la protection des élèves avec le plus grand sérieux »
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L’école française de Maurice aux parents d’élèves : « Devait-on se séparer “par précaution” et sans aucun élément d’un enseignant qui accomplit son travail de manière exemplaire ? »
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Des parents toujours remontés demandent des éclaircissements
Dans notre édition de la semaine dernière, nous révélions qu’un enseignant français d’éducation physique avait vu son contrat interrompu de manière anticipée, en 2025, par l’École française des Seychelles (EFS) après que des signalements concernant un comportement jugé inapproprié envers des mineures ont été portés à la connaissance de la direction. Peu de temps après, l’intéressé était recruté par un établissement scolaire français à Maurice. À la suite de notre publication, l’EFS a publié un communiqué mercredi dernier. Sans démentir les informations rapportées, l’établissement a même apporté des précisions sur les circonstances ayant conduit à la rupture du contrat de l’enseignant, tout en invoquant la confidentialité entourant cette affaire. L’école souligne notamment avoir « toujours traité les questions relatives au bien-être et à la protection des élèves avec le plus grand sérieux » et affirme avoir agi conformément à ses responsabilités et à ses procédures disciplinaires. À Maurice, la réaction de l’établissement employant désormais l’enseignant est jugée mitigée. Tout en annonçant, d’un commun accord avec ce dernier, son retrait temporaire de toute activité pédagogique et la mise en place d’une enquête externe confiée à une avocate, la direction parle « d’allégations hautement diffamatoires » circulant dans la presse et sur les réseaux sociaux. Une position qui n’a toutefois pas apaisé les inquiétudes des parents d’élèves. Dans deux communications successives qui leur ont été adressées, la direction de l’école a défendu la régularité du processus de recrutement de l’enseignant, du professionalisme de celui-ci, assuré avoir procédé à des vérifications dès 2025 « auprès des entités concernées » et rappelé qu’aucun fait avéré ne lui avait alors été signalé. Des explications qui soulèvent néanmoins de nombreuses interrogations — notamment sur « les entités » consultées — au sein de la communauté scolaire.
D’abord, s’agissant de la révocation — puisqu’il s’agissait bien d’une révocation — du professeur d’éducation physique par l’École française des Seychelles, celle-ci a bel et bien eu lieu dans des circonstances que l’établissement ne souhaite pas révéler. En effet, cette affaire, souligne-t-il dans son communiqué de mercredi dernier, concerne un « ancien salarié » et « implique des informations confidentielles relatives au personnel et aux élèves ».
Dans un second temps, à la lecture de ce communiqué, il apparaît clairement que l’École française des Seychelles a pris la décision de révoquer cet enseignant de manière catégorique, et ce, après avoir évalué les informations portées à sa connaissance. L’établissement est explicite à ce sujet : « Après examen des informations portées à la connaissance de l’établissement, la décision a été prise de mettre fin au contrat de travail de l’enseignant concerné avant son terme prévu. » Et l’établissement précise même qu’il a le devoir de veiller à la protection de ses élèves : « L’EFS a toujours traité les questions relatives au bien-être et à la protection des élèves avec le plus grand sérieux, et a agi conformément à ses responsabilités et obligations. »
L’école, qui souligne que cette affaire « a été traitée dans le cadre des procédures de gouvernance et disciplinaires établies par l’établissement », tient également à préciser la nature du document remis à l’enseignant lors de son recrutement à Maurice. « L’établissement a également délivré, à la demande de l’intéressé, un certificat de travail, document administratif obligatoire attestant de l’emploi occupé et de sa durée. Ce document ne constitue ni une recommandation, ni une approbation, ni une évaluation de l’aptitude de la personne à exercer de futures fonctions. »
Mise en garde
Tandis que, mercredi dernier, l’École française des Seychelles justifiait la révocation de son ancien employé, de son côté, l’École française de Maurice a, dans un premier temps, réagi — et ce, dès le lendemain de notre publication — en adressant un courriel aux parents. Mais, contrairement à l’école de Victoria, elle a d’emblée évoqué « certaines allégations hautement diffamatoires disséminées sur les réseaux sociaux et dans la presse, et mettant en cause un employé de son établissement ».Affirmant que « la sécurité et le bien-être des élèves constituent la priorité absolue » de l’école, son directeur a rassuré les parents en expliquant que « des vérifications minutieuses ont été effectuées auprès des entités concernées dès août 2025 et n’ont révélé aucun fait nécessitant, selon nos conseils, une quelconque action au niveau de l’école ».
Cependant, l’école indique que, « suivant une décision commune de la direction de l’école et de l’enseignant concerné, celui-ci se mettra en retrait de toute activité pédagogique », le temps d’une enquête externe sur cette affaire, qui sera menée par une avocate. La direction, qui dit avoir pris connaissance et « enregistré tous les éléments de preuve », évoque également des « propos diffamatoires » circulant sur les réseaux sociaux à l’encontre de l’établissement et de l’enseignant concerné. Elle met en garde contre toute diffusion en ce sens et se réserve le droit d’engager toute procédure qu’elle jugera appropriée afin de « préserver ses intérêts et sa réputation ».
Questions et indignation
Loin d’avoir rassuré les parents d’élèves, ce premier communiqué, malgré l’annonce de l’éloignement de l’enseignant de la communauté scolaire, a provoqué un sentiment d’incompréhension, voire d’indignation chez ces derniers. Dans cet état d’esprit, ils soulèvent alors une série de questions et disent attendre des réponses : « L’établissement affirme avoir eu connaissance du dossier dès août 2025 et précise avoir effectué des “vérifications minutieuses auprès des entités concernées”, lesquelles n’auraient révélé aucun élément nécessitant une action particulière. »
Cependant, disent-ils, plusieurs questions demeurent sans réponse : « Quelles étaient précisément ces “entités concernées” ? Quelles vérifications ont été réalisées ? Sur quels éléments concrets la décision de maintenir l’enseignant dans ses fonctions a-t-elle été fondée ? Et pourquoi une enquête externe n’est-elle diligentée qu’après la médiatisation de l’affaire et l’inquiétude exprimée par les familles ? » se demandent-ils en exprimant le souhait d’être entendus et de connaître les conclusions de l’enquête externe.
En milieu de semaine, après la publication du communiqué de l’École française des Seychelles, l’établissement scolaire de Maurice s’est à nouveau adressé aux parents par le biais d’une lettre afin d’exposer, de manière plus détaillée, la position de la direction concernant les allégations visant l’enseignant d’éducation physique.
L’enseignant « profondément impacté par cette affaire »
La deuxième lettre envoyée aux parents vise à expliquer les démarches entreprises par l’établissement, à distinguer les faits des accusations non prouvées et à justifier les décisions prises jusqu’à présent. Plus précisément, la direction affirme que l’enseignant concerné a été recruté à l’issue d’un processus normal et que « depuis son embauche, il fait preuve d’un grand professionnalisme, confirmé tant par ses collègues que par les élèves dont il a eu la responsabilité ». Elle précise également que les accusations trouvent leur origine dans son précédent établissement à l’étranger, avant son embauche. Et qu’après avoir été informée de ces allégations, la direction a entendu l’enseignant, lequel a évoqué un conflit personnel ayant conduit, selon lui, à des dénonciations calomnieuses : « Il nous a spontanément fait part de l’existence, durant son précédent emploi, d’une situation affective conflictuelle [entre adultes consentants], ayant nourri des jalousies qui ont dégénéré en dénonciations calomnieuses sur sa posture d’enseignant. »
L’École française des Seychelles, dit la direction, a confirmé qu’une enquête interne avait été menée, mais qu’aucun fait justifiant une plainte ou un licenciement pour faute grave n’avait été établi. En l’absence de faits, la direction a estimé qu’il n’était ni légal ni juste de se séparer de l’enseignant. Elle s’interroge : « Devait-on se séparer “par précaution” et sans aucun élément d’un enseignant qui accomplit son travail de manière exemplaire ? Tous les spécialistes du droit du travail et avocats consultés nous en ont dissuadés. Fallait-il, dans ces circonstances, communiquer sur ces rumeurs et participer à leur propagation ? »
Par ailleurs, selon la direction de l’école, l’enseignant « est profondément impacté par cette affaire et le déchaînement qu’elle a suscité sur les réseaux sociaux », tandis que les élèves « se questionnent et s’inquiètent de l’absence d’un professeur avec lequel ils avaient plaisir à travailler ». L’école fait aussi appel aux parents pour trouver les « mots justes » afin de communiquer avec leurs enfants sur cette affaire.
ENCADRÉ
Qui mène une enquête ?
À Maurice, la police constitue la principale autorité habilitée à mener des enquêtes officielles, et ce, dans le cadre d’un processus judiciaire. Celui-ci s’inscrit dans un cadre légal précis, articulé en plusieurs étapes : la détection, l’investigation, la poursuite et enfin l’adjudication. Si des détectives privés peuvent aussi intervenir dans le champ de l’investigation, c’est parce qu’ils sont titulaires d’un permis officiel. En revanche, un avocat, malgré sa spécialisation et son expertise juridique, n’est pas une autorité de l’État. À ce titre, il n’exerce aucune fonction d’enquêteur. Son rôle se limite à celui de conseiller et de représentant légal de ses clients, dans le respect du cadre judiciaire. Par ailleurs, aucune source, qu’elle soit locale ou régionale, n’est tenue de lui transmettre des informations, en vertu des législations en vigueur relatives à la protection des données.

