La campagne sucrière 2026 démarrera le 22 juin avec des perspectives légèrement meilleures que l’an dernier. La production est estimée à 225 000 tonnes de sucre contre 220 305 tonnes en 2025. Si les conditions climatiques récentes permettent d’espérer une récolte un peu plus abondante, la filière continue néanmoins de faire face à des difficultés majeures : baisse des superficies cultivées, recul du nombre de planteurs, sécheresse persistante et rentabilité sous pression.
La campagne sucrière 2026 sera officiellement lancée le 22 juin avec l’entrée en opération des usines d’Alteo à Union-Flacq et de Terra dans le Nord. L’usine d’Omnicane, dans le Sud, prendra le relais le 14 juillet. Selon les premières projections, la récolte devrait se poursuivre jusqu’à la mi-décembre.
Les estimations établies par le Crop Estimate Coordinating Committee laissent entrevoir une production d’environ 225 000 tonnes de sucre. Cette prévision repose sur une récolte de quelque 2,37 millions de tonnes de cannes et un taux moyen d’extraction de 9,50 %.
Comparativement à 2025, où 2,32 millions de tonnes de cannes avaient permis la production de 220 305 tonnes de sucre avec un rendement industriel de 9,49 %, la progression attendue demeure modeste mais significative dans un contexte où la filière cherche avant tout à stabiliser sa production.
Une récolte légèrement supérieure malgré la sécheresse
Les mois qui ont précédé la campagne ont pourtant été marqués par des conditions climatiques difficiles. Entre octobre 2025 et avril 2026, les précipitations enregistrées sur l’ensemble du territoire n’ont représenté que 63 % de la normale saisonnière. Cette situation déficitaire s’est poursuivie durant la première quinzaine de mai.
Paradoxalement, la croissance végétative de la canne a relativement bien résisté grâce à des températures supérieures à la moyenne et à un ensoleillement proche de la normale. À la fin du mois de mai, la hauteur moyenne des plantations était ainsi comparable aux niveaux habituels.
Toutefois, ces mêmes conditions n’ont pas favorisé une accumulation optimale du saccharose dans les tiges. Les professionnels de la filière comptent désormais sur les températures plus fraîches de l’hiver pour améliorer la teneur en sucre des cannes avant les pics de récolte.
Une filière qui continue de perdre du terrain
Au-delà des chiffres de production, plusieurs indicateurs traduisent la fragilité persistante du secteur.
L’exercice d’enregistrement des superficies assurées révèle une nouvelle contraction des terres exploitées par les petits planteurs. Au 29 mai, 6 149 planteurs avaient enregistré 7 920 hectares auprès du Sugar Insurance Fund Board (SIFB).
À la même période l’année dernière, les superficies enregistrées atteignaient 8 569 hectares. Cela représente une baisse de près de 650 hectares, soit plus de 7 % en une seule année.
Chez les grands producteurs, la situation apparaît plus stable avec 24 415 hectares enregistrés contre 24 746 hectares en 2025.
Ces chiffres confirment une tendance observée depuis plusieurs années : le retrait progressif des petits planteurs confrontés à la hausse des coûts de production, au manque de main-d’œuvre, à la fragmentation des terres agricoles et à une rentabilité de plus en plus difficile à maintenir.
Un secteur toujours essentiel pour l’économie
Malgré son recul relatif dans l’économie nationale, l’industrie cannière demeure un pilier stratégique pour Maurice.
Au-delà des exportations de sucre, elle alimente les activités de production d’électricité à partir de bagasse, la fabrication de mélasse et d’éthanol, tout en assurant l’entretien de vastes espaces agricoles qui jouent un rôle important dans l’aménagement du territoire et la protection de l’environnement.
Chaque campagne représente également plusieurs milliers d’emplois directs et indirects dans les régions rurales.
La légère hausse attendue de la production en 2026 devrait ainsi apporter un soutien bienvenu aux opérateurs du secteur après plusieurs années marquées par les effets combinés du changement climatique, de la baisse des rendements et des incertitudes sur les marchés internationaux.
Un suivi régulier jusqu’à la fin de la campagne
Cette première estimation a été établie lors de la réunion du Crop Estimate Coordinating Committee tenue le 1er juin sous la présidence de la Chambre d’Agriculture.
Le comité, qui regroupe l’ensemble des acteurs institutionnels de la filière, notamment la Mauritius Cane Industry Authority, le Mauritius Sugarcane Industry Research Institute, le Mauritius Sugar Syndicate, le Sugar Insurance Fund Board, Statistics Mauritius ainsi que les usines sucrières et le ministère de l’Agro-industrie, continuera à suivre l’évolution de la récolte tout au long de la campagne.
Comme chaque année, les prévisions pourraient être révisées en fonction des conditions climatiques et des rendements effectivement observés dans les champs et dans les usines.
HORS-TEXTE
RÉCOLTE SUCRIÈRE : LES CHIFFRES CLÉS
• Production estimée 2026 : 225 000 tonnes de sucre
• Production 2025 : 220 305 tonnes
• Cannes à récolter en 2026 : 2,37 millions de tonnes
• Canne récoltée en 2025 : 2,32 millions de tonnes
• Taux d’extraction prévu : 9,50 %
• Taux d’extraction 2025 : 9,49 %
• Petits planteurs enregistrés : 6 149
• Superficie petits planteurs 2026 : 7 920 ha
• Superficie petits planteurs 2025 : 8 569 ha
• Début de campagne : 22 juin 2026
• Fin estimée : mi-décembre 2026

