Des espaces naturels transformés en surfaces goudronnées au cœur d’un havre de paix comprenant des dizaines d’appartements
Craignant une décote immobilière de leurs maisons, plusieurs habitants songent à vendre
L’aménagement de la nouvelle route (prolongement du bypass de Flic-en-Flac) reliant Cascavelle à l’avenue Kestrel et la Coastal Road, près de l’hôtel Manisha, entame sa dernière ligne droite le long d’une dizaine d’habitations. Ce développement ayant nécessité l’abattage d’une centaine d’arbres, vieux de 100 ans, constitue une douche froide pour ceux et celles qui ont jeté leur dévolu sur ce « havre de paix » pour y habiter, avec une vue imprenable sur des hectares de réserves naturelles. Ils ont pourtant joué leur va-tout dans une tentative de convaincre les autorités de modifier le réalignement de la route, d’une façon à ce que la zone tampon soit poussée à 50 mètres de nos maisons, au lieu de 8,50 m. La partie était perdue d’avance. Au-delà des impacts délétères qu’engendrera le flux de véhicules qui circuleront sur la nouvelle route, l’autre préoccupation demeure la fragmentation des habitats naturels causée par la construction de la route et le déclin de la biodiversité qu’elle entraîne, privant des dizaines de familles d’une bonne bouffée d’air frais.
Les travaux seront complétés avant la fin de l’année. C’est ce qu’a fait ressortir le ministre des Infrastructures nationales, Ajay Gunness, mercredi, sur le site de construction. Cette visite s’est faite en présence d’un représentant des Forces Vives de Flic-en-Flac, en dépit des remous autour du projet. Which is which? «Tout l’enjeu est de savoir dans quelle mesure les autorités ont entraîné ces travaux, alors que le projet était dans les cartons sous l’ancien régime avec, selon mes informations, un autre tracé du côté de la rue Radar qui se trouve à quelques encablures de nos demeures. Il y a anguille sous roche, car au sein des Forces Vives, quelques-uns habitent là-bas. Est-ce qu’ils ont eu le dernier mot dans le changement du tracé ? Akoz samem zame pann invit nou ? Ces questions me taraudent », confie un habitant de Morcellement Palmyre.
Les travaux ont beaucoup avancé depuis le dernier article paru dans nos colonnes, le 28 mars 2026. On constate que la large bande de plusieurs centaines de mètres complètement défrichée a été asphaltée en partie. Des lampadaires ont aussi été érigés des deux côtés de la route. De chaque côté, une forêt luxuriante et des troncs d’arbres, derniers vestiges de ce qui se trouvait là avant l’intervention de l’homme. Ce triste spectacle n’est pas sans rappeler ce qui s’est déroulé lors de la phase 1 de La Vigie/La Brasserie/Beaux-Songes Link Road, en 2022, lorsqu’environ 1,000 arbres indigènes comme l’ébène, le tambourissa, le sideroxylon, entre autres, avaient été abattus à Forest-Side, au cœur d’une forêt indigène réhabilitée constituant le Monvert Nature Walk Park, qui s’étend sur 70 hectares.
Les contestataires gardaient un infime espoir
L’aménagement de cette nouvelle route de liaison, qui s’étendra bientôt vers Wolmar et des hôtels comme Tamarina et Maradiva, allègera probablement le trafic dans la zone, mais au-delà du péril sur l’écologie, ce projet portera surtout atteinte aux habitants des rues Dahlia et Canaris, de Morcellement Palmyre et des appartements Westline qui résident à moins de 10 mètres du tracé. « L’amertume vient de la façon dont ces habitants ont appris l’existence du projet. On se disait que ce genre de projet ne pouvait pas arriver chez nous. Mon épouse et moi avons bossé dur pour nous offrir une maison à Morcellement Palmyre à Flic-en-Flac, parce qu’on voulait ressentir la quiétude, loin du vacarme des grandes avenues, mais on est en train de déchanter. The proximity of this road to our houses will expose our properties to passing vehicles and raises concerns regarding the loss of privacy », dit un riverain.
Les contestataires gardaient, pourtant, un infime espoir : que leur requête pour qu’une zone tampon de 50 m, au lieu de 10 m, soit aménagée en guise d’espace de transition entre la route et leurs demeures. Il n’en a rien été. Les riverains craignent, en conséquence, une décote immobilière de leurs maisons. « J’habite à 8 m de la route. Avec tous ces voitures et camions qui passeront par jour, ça deviendra invendable. Les reflets des lampadaires sont aussi extrêmement inconvénients », soutient Mireille. D’autres propriétaires de logements ont déjà pris la décision de vendre leurs appartements, malgré tout.
Fragmentation des milieux naturels
Outre la pollution sonore qu’il suscitera, ce nouveau réseau routier risque aussi de provoquer une inquiétante fragmentation des milieux naturels, ses veines d’asphalte quadrillant les écosystèmes de large étendue jusqu’à devenir l’une des principales causes du déclin de la biodiversité animale et végétale. « Nous sommes en hiver et la route n’est pas encore ouverte, donc la situation reste supportable. Mais au-delà du désastre visuel et de la vue déprimante que nous avons désormais sous nos yeux avec cette lisière complètement détruite, voici l’impact physique très lourd qui nous attend dès octobre-novembre, avec l’arrivée de l’été mauricien. En coupant les arbres qui nous protégeaient, on a perdu notre seul bouclier thermique naturel. À la place, le bitume noir de la nouvelle route, qui absorbe plus de 90% de l’énergie solaire, agira comme un radiateur géant. Il bombardera nos façades de rayonnement infrarouge constant, créant un îlot de chaleur qui fera grimper la température à l’intérieur de nos maisons de 3°à 5° C. À cette chaleur du bitume, s’ajoutera celle rejetée directement par le trafic », déclare un de nos interlocuteurs.
Week-End avait, d’ailleurs, révélé des extraits contenus dans le rapport du Directeur de l’Audit National (NAO) de 2024/2025, qui a été déposé en février 2026. Le rapport souligne des observations critiques sur la proximité du nouveau tracé avec les zones résidentielles, mettant l’emphase sur le fait que le tracé initial a été modifié pour des raisons techniques (évitement de certaines zones marécageuses ou contraintes de terrain), mais que cette modification a rapproché la route de zones résidentielles déjà établies.
L’audit ajoute que la zone tampon (buffer zone) entre la route à haute vitesse et les clôtures des propriétés privées est jugée insuffisante dans certaines sections, jugeant que les mesures d’atténuation (murs antibruit ou barrières végétales) n’étaient pas clairement définies ou budgétisées dans le plan révisé, ce qui risque de nuire à la qualité de vie des résidents. Le rapport peint un tableau accablant, classant le Bypass (Flic-en-Flac/Pierrefonds) comme étant une « infrastructure fantôme avec un chantier qui a démarré en juillet 2023, mais faisant l’objet d’une demande d’obtention du permis Environmental Impact Assessments (EIA)… en juillet 2025 ! »
À l’issue de sa visite, mercredi, Ajay Gunness a évoqué la question de l’impact environnemental, en soutenant que des arbres et des espaces verts seront plantés et aménagés le long du tracé. Il souligne que « les Rs 160 millions investies dans la construction de cette voie d’accès sont issues des économies enregistrées dans le projet global La Vigie/La Brasserie Link Road. En d’autres mots, nous n’avons pas dépensé une seule roupie en plus pour mener à bien ce projet. »
ANDY SERVIABLE
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Route de liaison La Vigie – Flic-en-Flac (A23)
Un nouveau radar opérationnel à Cascavelle
Un nouveau radar a été installé le long de la la route de liaison La Vigie – Flic-en-Flac (A23) à proximité du nouveau rond-point de Cascavelle. Il a été mis en opération ce dimanche matin. La limitation de vitesse à cet endroit est fixée à 80 km/h. Dans son communiqué, le ministère des Transports terrestres rappelle aux conducteurs que le système de points de pénalité s’applique à certaines infractions liées à l’excès de vitesse.
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La Pellegrin – Trianon Link Road accessible depuis mercredi
La Pellegrin – Trianon Link Road est ouverte à la circulation depuis mercredi. Cette nouvelle voie, sise dans les parages de l’école
primaire Dukesbridge Trianon, a été inaugurée par le ministre des Infrastructures nationales, Ajay Gunness. Réalisé au coût de Rs 43 millions, ce projet vise à désengorger la circulation à Saint-Jean. Il permettra notamment aux automobilistes bloqués au rond-point d’Ébène d’emprunter un itinéraire alternatif, afin de réduire les embouteillages. Le ministre a également expliqué que le coût de Rs 43 millions s’explique en grande partie par la construction d’un ponceau, pour permettre l’écoulement des eaux de pluie, ainsi que par la reconstruction d’un pont. Ces aménagements doivent contribuer à limiter les risques d’inondation dans cette partie de Trianon, tout en assurant une meilleure circulation des véhicules.
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Autoroute M4
Ajay Gunness persiste et signe face aux critiques de Bérenger
La future construction de l’autoroute M4, estimée à Rs 10 milliards, ne finit pas de faire couler de l’encre, la députée Joanna Bérenger glosant sur la décision du ministre des Infrastructures nationales, Ajay Gunness, de maintenir le projet, « quand bien même son efficacité à long terme est fortement remise en cause par les études internationales, en sus des doutes quant à la validité des études d’impact environnemental (EIA). » Le ministre a donné la réplique à son ex-partenaire du MMM, cette semaine, en soutenant que l’ « autoroute M4 ne nécessite pas d’étude EIA et reste indispensable au développement du pays. » Une visite du tracé est par ailleurs prévue ce mercredi prochain des représentants de l’Exim Bank of India.
Le duel Bérenger/Gunness autour de la M4 se poursuit par médias interposés et au Parlement. Financé par le gouvernement indien à hauteur de Rs 10,8 milliards, ce projet traversera plusieurs régions rurales, reliant notamment Réduit, Rivière-du-Rempart et Bel-Air. Il devrait être réalisé en trois phases. La première de Forbach à Pont Blanc, la deuxième de Pont Blanc à Bel-Air, et la troisième de Bel-Air à Grand-Bel-Air. Dans l’immédiat, l’attention du ministère se porte sur les phases 1 et 2, soit une section de 30 kilomètres entre Forbach et Bel-Air, le long de la B27.
Selon le ministre, cette nouvelle autoroute améliorera la connectivité et contribuera au développement économique de ces régions. Une position que la députée Bérenger conteste en s’appuyant sur des recherches internationales relatives à la gestion du trafic. Le ministre rejette par ailleurs les critiques selon lesquelles les considérations environnementales auraient été négligées.
Joanna Bérenger avait, pour mémoire, indiqué que « la dernière étude de faisabilité disponible remonte à 2012 », réclamant la publication d’études récentes et transparentes avant tout engagement des fonds publics. La députée fait allusion à l’étude menée en août 2012 par Luxconsult (Mauritius) Ltd, en collaboration avec LEA Associates South Asia Pvt Ltd et P.D. Naidoo & Associates. Ce rapport, initialement établi pour ce qui était alors désigné comme la « East Coast Trunk Road ». Selon Ajay Gunness, toutes les procédures légales seront respectées.
Il précise que la visite de terrain avec les représentants de l’Exim Bank of India permettra de finaliser les dernières étapes techniques avant la soumission du Detailed Project Report aux autorités indiennes pour approbation. Une consultation publique sera ensuite organisée, conformément aux procédures en vigueur. « Le projet suivra l’ensemble des étapes réglementaires avant son lancement et insiste sur le fait que le développement du pays doit pouvoir se poursuivre dans le respect des normes établies », fait ressortir le ministre.
Légendes :
(Deux photos ) : Le tracé avant et après l’accélération de travaux
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Le radar en cours d’installation, vendredi
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Réalisé au coût de Rs 43 millions, ce projet vise à désengorger la circulation à Saint-Jean

