À Maurice, le manque de sages-femmes demeure aujourd’hui l’un des principaux défis du secteur de la santé maternelle. Pourtant, ces professionnelles jouent un rôle central dans l’accompagnement des femmes, de la grossesse jusqu’à l’après-accouchement.
Forte de 35 années d’expérience, Rozie Alcide, Superviseur Maternité chez Life Medical Clinic Bon Pasteur, interrogée souligne que sa mission dépasse largement le cadre médical. « Nous accompagnons les femmes tout au long d’un processus naturel, en leur apportant un soutien émotionnel, physique et psychologique », explique-t-elle. À travers les cours prénataux, elles préparent également les futurs parents à vivre cette étape.
Mais sur le terrain, la réalité devient de plus en plus difficile. Le manque de personnel pèse lourdement sur la profession. « Le principal défi aujourd’hui est le manque de sages-femmes. C’est pourtant un métier d’avenir qui mérite d’être valorisé auprès des jeunes », insiste-t-elle, évoquant une profession exigeant vocation, engagement et disponibilité.
Au-delà de l’accompagnement humain, les sages-femmes jouent également un rôle clé dans la réduction de la mortalité maternelle et néonatale. Grâce à leur vigilance et leur expertise, elles surveillent l’état de santé de la mère et du bébé, détectent rapidement les complications potentielles et veillent à ce que les futures mamans aient accès aux informations nécessaires tout au long de leur grossesse.
La profession a toutefois connu plusieurs évolutions ces dernières années, notamment avec l’introduction de formations plus poussées et d’équipements modernes comme le monitoring fœtal (CTG), permettant un meilleur suivi du bébé et renforçant la sécurité des accouchements.
Malgré ces avancées, les besoins restent importants. Selon cette professionnelle, l’amélioration continue des compétences à travers des formations spécialisées demeure une priorité afin de garantir des soins de qualité.
L’accompagnement psychologique occupe également une place essentielle dans le métier. « Il faut rassurer les femmes, instaurer une relation de confiance et leur permettre de s’exprimer librement », explique-t-elle. Une approche particulièrement importante pour les mères qui vivent une première grossesse.
Elle nous explique que les sages-femmes préparent aussi les parents aux réalités de l’après-naissance, notamment à travers des conseils sur l’allaitement et les soins du nouveau-né. La place du père est également encouragée dès la grossesse. « Le père est un véritable pilier. Son implication durant les cours prénataux et lors de l’accouchement contribue à créer un environnement rassurant pour la mère et le bébé », souligne-t-elle.
Dans les cliniques privées comme dans le secteur public, les professionnels plaident aujourd’hui pour un accompagnement davantage personnalisé, assuré par des soignants qualifiés dans un environnement sécurisé. Mais pour y parvenir, encore faut-il réussir à attirer une nouvelle génération vers un métier jugé indispensable au système de santé mauricien.

