« Situation chaotique au niveau de l’alliance au pouvoir, discours honteux et trompeur de Navin Ramgoolam, politique en faveur du copinage… » Le leader du MSM, Pravind Jugnauth, prédit de ce fait une « année politique mouvementée » et « décisive ». Propos tenus, hier matin à son siège social, au Sun Trust, pour la première conférence de presse de la nouvelle année. Il qualifie la récente situation politique qui a frôlé la cassure comme du « mauvais cinéma pour le peuple ».
Pravind Jugnauth soutient que la perception du public est qu’il y avait eu bel et bien divergence d’idées au sein de l’alliance au pouvoir. « Li ti paret imminent ki Xavier Duval ek PMSD ti pe kit gouvernman. Xavier Duval ti ena enn choix entre get linteret pays ou so prop dignité ek parti ou alors linteret pays relegue au dernier plan ek continie sibir bann humiliation ek contigner aval so lamour prop mais sirtou contigner cautionn bann crime ki pe fer contre sa pays-là ek la population », dit-il. Et d’ajouter que « piblik dan so grande majorité ti pe atan enn gran sursaut de Xavier Duval. Clairement, ena enn courant national ki pou fer Navin Ramgoolam ek le PTR ale au plis vite. Mais à la fin, nu fine trouve enn cinema de tres mauvais gout pu population : enn cinema et zot pena la decence avant tou mais osi le kouraz pu vine explik a la population sa cinema ki fine passer la. Nu finn trouv par communiqué inn vinn dir ki tout korek. Ki zot pou travay ensam. Ki zot pu contigner travay ensam. Dayer communiqué la meme dir, ti ena enn moman kot ti pu arreter travay ensam ek ki aster ki zot pe ale decouvert bizin get croissance. En tout cas, la population prend bonne note du comportement de Xavier Duval et du PMSD ».
Citant Paul Bérenger qui avait dit concernant l’alliance au pouvoir que « le vers est dans le fruit », le leader du MSM a déclaré : « À entendre Navin Ramgoolam quant à son lien avec Xavier Duval, il semblerait qu’ils sont des alliés inséparables. A tel point qu’ils ont été au bord de la rupture. Cela vient soutenir ce que l’opposition a toujours dit, à savoir que Navin Ramgoolam n’agit pas dans l’intérêt du pays, il n’a aucune vision et ne travaille que pour une clique de son entourage. Et si nous sommes arrivés à un point où son allié a failli le quitter, cela veut tout dire! »
Reprenant les propos du PMSD à l’effet qu’il ne pourra siéger sur les mêmes instances que le ministre Michaël Sik Yuen (expulsé de son parti), Pravind Jugnauth se demande comment ils arrivent à travailler aujourd’hui?  « C’est pour cela que j’insiste que c’est du cinéma de très mauvais goût. »
Selon lui, l’instabilité persistera, la guerre « est déclarée », et cela démontre « l’objectif du Premier ministre qui est celui de s’agripper à n’importe quel prix au pouvoir quitte à ce que le peuple paye les pots cassés. »
Le leader du MSM qualifie de plus le discours prononcé par le PM, à l’occasion du nouvel an de « déplacé, déphasé et haineux ». Revenant sur le terme de « bâtisseur », employé par le Navin Ramgoolam, Pravind Jugnauth soutient que malgré toutes les expressions utilisées, le peuple sait dans quelle difficulté elle se trouve et peine à joindre les deux bouts : « Pendant que le peuple subit, un empire sélecte se construit avec tous les avantages et les privilèges émanant des biens de l’Etat. » 
Les actions du PM sont, dit-il, à l’opposé de son discours qui démontre qu’il n’est ni un « rassembleur, ni un démocrate et qu’il pratique le contraire de ce qu’il avance (…) « Il se comporte plus comme un chef de clan qu’un chef de gouvernement. Il ne respecte aucunement sa parole concernant la réforme électorale. »
Dans un autre ordre d’idées, Pravind Jugnauth, bien que reconnaissant avoir condamné les actes de l’ancien président d’Israël Ariel Sharon, a cependant vivement critiqué le discours de Navin Ramgoolam prononcé, mercredi, à l’occasion de la fête religieuse Yaum-Un-Nabi. Le Premier ministre avait soulignons-le, déclaré que les huit dernières années dans le coma par Ariel Sharon étaient une forme de « pénitence. »
Le leader du MSM devait également revenir sur les permis délivrés pour pratiquer le jet-ski qui reste, dit-il, un sport dangereux. Il a, de plus, critiqué le ministre des Collectivités locales, Hervé Aimée qui a nié toute implication dans l’augmentation des trade fees.