La Cour d’appel de la Cour suprême de Maurice a cassé, mercredi dernier, la condamnation à douze mois de prison qu’avait infligés la Cour criminelle intermédiaire à l’ancien vice-Premier ministre et ministre des Finances et du Développement économique, Pravind Jugnauth, sous l’accusation de conflit d’intérêts dans l’achat par l’Etat de la clinique Medpoint en décembre 2010.
Pravind Jugnauth, fils du Premier ministre en exercice, avait toujours maintenu son innocence jusqu’au bout dans cette affaire et avait refusé que sa peine ne soit commuée en services communautaires en insistant qu’il fallait qu’il lave son honneur.
Bien que, à ce stade, tout ne soit pas définif puisqu’il reste encore au bureau du Directeur des poursuites publiques (DPP) de décider, dans un délai de 21 jours, s’il va faire appel ou non contre le jugement de la Cour d’appel, la décision prononcée par le chef juge Keshoe Parsad Matadeen et son assesseur, le juge Asraf Caunhye, a déjà été accueillie comme « une victoire » par le Mouvement Socialiste Mauricien (MSM). Ce parti croit ainsi dégager la voie de Pravind Jugnauth vers son accession au poste de prochain Premier ministre au retrait de Sir Anerood.
Pravind Jugnauth avait, rappelons-le, été trouvé coupable par les magistrats de la Cour intermédiaire, Niroshnee Ramsoondar et Nizam Neerooa, sous la charge de conflit d’intérêts en violation de la section 13 (2) et (3) de la Prevention of Corruption Act (POCA). Les deux magistrats avaient retenu cette accusation logée et soutenue par la Commission indépendante anti-corruption (ICAC) à l’effet que,  « le 30 décembre 2010, ou autour de cette date, alors qu’il occupait une fonction d’officiel public, dont un proche avait un intérêt personnel dans une décision qu’un organisme public avait à prendre, Pravind Jugnauth avait, de manière volontaire et criminelle, pris part dans le processus de prise de décision de cet organisme ».
L’OCAC, épaulée par le bureau du Directeur des poursuites publiques (DPP), reprochait à Pravind Jugnauth d’avoir, en tant que vice-Premier ministre et ministre des Finances à l’époque, approuvé une réallocation de fonds se montant à RS 144 701 300 destinés à l’achat de Medpoint Ltd dans laquelle compagnie sa soeur, Mme Shalini Devi Malhotra, détenait 86 983 actions sur un total 366 683.